By Hollyweed
Accueil Forum 🎙️ Questions-réponses avec les shops CBD Flamme Kush à Colmar : rencontre avec un shop CBD indépendant
🎙️ Questions-réponses avec les shops CBD 📌 Officiel

Flamme Kush à Colmar : rencontre avec un shop CBD indépendant

M

MonIka

Contributeur officiel

60 min de lecture 1 réponses

Flamme Kush, un shop CBD indépendant au cœur de Colmar

Au 27 rue Kléber à Colmar, Flamme Kush ne ressemble pas à une boutique construite autour d’un catalogue impersonnel. Derrière le comptoir, on retrouve un ancien régisseur son qui, après avoir consacré une grande partie de sa vie professionnelle au spectacle et aux concerts, a choisi de changer de voie au moment de la crise du Covid. Une reconversion rapide, presque instinctive, résumée avec une formule qui lui ressemble : passer du son au chanvre.

Ouverte en avril 2021 sous l’enseigne CBD’eau Colmar, la boutique a progressivement évolué jusqu’à devenir Flamme Kush, une identité indépendante pensée autour de la liberté de choisir ses produits et ses partenaires. Ici, la priorité est donnée à une sélection artisanale, naturelle et très majoritairement issue de producteurs français rencontrés directement.

Dans cette nouvelle rencontre publiée sur le Forum CBD by Hollyweed, nous avons souhaité aller au-delà de la simple présentation d’un commerce. Parcours, rôle d’une boutique physique, sélection des fleurs et des résines, analyses, traçabilité, vaporisation, néocannabinoïdes, difficultés réglementaires et avenir du chanvre français : Flamme Kush répond sans détour et avec une bonne dose d’humour.

Cette interview permet surtout de découvrir la vision d’un commerçant indépendant qui préfère se définir comme un caviste du CBD plutôt que comme un vendeur de catalogue. Une approche fondée sur la qualité, le conseil, la proximité et la confiance.

Illustration de Flamme Kush, shop CBD à Colmar, avec son logo localisé au 27 rue Kléber sur une carte de la ville

Du spectacle au chanvre : la naissance de Flamme Kush

Pour commencer, pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours avant d’entrer dans l’univers du CBD ?

Avant de me lancer dans le CBD, j’ai passé toute ma vie professionnelle dans le monde du spectacle et du concert, principalement comme régisseur son. C’était déjà un métier passion. J’ai toujours fonctionné comme ça : quand je fais quelque chose, j’ai besoin d’y croire, de m’y intéresser vraiment et de m’investir à fond.

Et puis le Covid est arrivé.

Du jour au lendemain, tout le secteur du spectacle s’est quasiment arrêté. À cette période, on a beaucoup entendu parler des métiers « essentiels » et « non essentiels », et on nous a finalement fait comprendre que le nôtre ne l’était pas vraiment. Je vais être honnête : je me suis un peu vexé ! (rires)

Quand on a consacré autant d’années à un métier, aux concerts, aux artistes, au public, à faire vivre des événements et des moments aux gens, entendre qu’on est finalement « inutile », ça fait forcément réfléchir.

À ce moment-là, je travaillais depuis dix ans dans la même salle. J’ai décidé de démissionner et de tourner la page. C’était un vrai changement de vie parce que le spectacle, ce n’était pas simplement mon travail : c’était vraiment mon univers depuis toujours. Mais finalement, je crois que je n’ai pas tellement changé.

J’avais un métier passion et j’avais besoin que le suivant le soit aussi. Et pour résumer la transition avec une petite blague : je suis passé du son au chanvre ! Deux univers qui peuvent paraître complètement différents, mais dans ma manière de fonctionner, il y a finalement pas mal de points communs : la curiosité, la recherche de qualité, le souci du détail et surtout l’envie de faire les choses à fond. Le domaine a changé, mais la passion, elle, est toujours là.

Ancien régisseur son devenu commerçant CBD, le fondateur de Flamme Kush apparaît entre une console de mixage et sa boutique de Colmar

Comment avez-vous découvert le CBD et qu’est-ce qui vous a donné envie d’en faire votre métier ?

Le cannabis, je l’ai découvert assez naturellement et assez jeune, puisque j’ai grandi dans une famille où il y avait des fumeurs. Donc ce n’était pas quelque chose de totalement inconnu ou de mystérieux pour moi, ça faisait partie de mon environnement. Le CBD, en revanche, c’est un ami qui me l’a fait découvrir bien plus tard. Et je crois que ma première réaction a été à peu près celle de beaucoup de monde à l’époque : « Mais c’est quoi l’intérêt ? C’est la Tourtel du cannabis ? La bière sans alcool du cannabis ? » (rires) Franchement, au départ, j’étais assez sceptique.

J’avais cette image d’un produit auquel on aurait retiré tout ce qui faisait justement l’intérêt du cannabis. Donc forcément, je ne me suis pas dit immédiatement : « Tiens, voilà mon prochain métier ! » Et puis j’ai commencé à m’y intéresser réellement. À découvrir les produits, les différences de qualité, les fleurs, les résines, les méthodes de culture, les producteurs… et surtout à comprendre qu’il y avait tout un univers derrière ces trois lettres.

C’est là que mon regard a complètement changé. J’ai compris qu’on pouvait retrouver autour du CBD tout ce qui m’intéressait déjà dans le cannabis récréatif : les variétés, les arômes, le travail du produit, la culture, le savoir-faire… avec une approche différente. Et comme souvent chez moi, dès que quelque chose commence à me passionner, j’ai tendance à mettre les deux pieds dedans. À l’époque du Covid, j’ai donc démissionné de la salle dans laquelle je travaillais depuis dix ans.

Je me suis retrouvé à me poser une question assez simple : « Bon, maintenant, qu’est-ce que j’ai vraiment envie de faire ? » Je ne me suis pas posé la question très longtemps : deux semaines à peu près. (rires) Et une fois la décision prise, tout est allé très vite. En gros, un mois et demi plus tard, la boutique était ouverte. Je ne suis pas resté six mois à faire des tableaux et à me demander si j’allais peut-être me lancer un jour.

Le CBD commençait à vraiment m’intéresser, je voyais tout ce qu’il y avait à découvrir autour du produit et j’avais envie de construire quelque chose autour de ça. Alors je me suis lancé. Petit à petit, ce qui était au départ la fameuse « bière sans alcool du cannabis » est devenu une vraie passion, puis mon nouveau métier. Finalement, après avoir passé des années à écouter et travailler le son dans ses moindres détails, je me suis retrouvé à faire un peu la même chose avec le chanvre : chercher les nuances, comprendre ce qui fait la qualité et devenir de plus en plus exigeant.

Et c’est comme ça que je suis passé du son au chanvre, et surtout d’un métier passion à un autre.

La boutique était auparavant connue sous le nom de CBD’eau Colmar. Pouvez-vous nous raconter son histoire et les raisons qui vous ont conduit à créer l’identité Flamme Kush ?

Quand j’ai décidé de me lancer, il faut bien comprendre que je ne venais absolument pas du commerce. Je venais du spectacle, j’étais régisseur son… donc ouvrir une boutique, gérer des fournisseurs, des produits, des clients, tout ça était complètement nouveau pour moi. À ce moment-là, j’ai découvert qu’il existait une franchise de CBD basée en Alsace. Leur discours me parlait : 100 % naturel, de beaux engagements sur le papier, une structure déjà en place…

Pour quelqu’un qui démarrait de zéro dans le commerce, ça avait du sens de ne pas partir totalement seul. Je me suis donc rapproché d’eux et c’est comme ça que CBD’eau Colmar est né. Et je tiens à être juste là-dessus : ils m’ont donné de bonnes bases dans le métier. Ça m’a permis d’apprendre le fonctionnement d’une boutique, de découvrir le marché et de faire mes premières armes dans cet univers.

Je ne renie absolument pas cette période.

Mais ensuite, le marché a commencé à changer, notamment avec l’arrivée de toutes les nouvelles molécules et des cannabinoïdes synthétiques ou fortement psychotropes. Et là, progressivement, on a commencé à avoir de vrais désaccords sur la direction à prendre. Moi, ce n’était tout simplement pas le chemin que j’avais envie de suivre.

J’avais commencé dans le CBD avec cette idée de naturel, et je ne me voyais pas mettre mes convictions de côté simplement parce qu’une nouvelle molécule fonctionnait bien commercialement. À un moment, il fallait choisir entre suivre le business ou suivre mes valeurs. J’avais déjà commencé à préparer doucement la suite de mon côté, notamment en cherchant davantage de produits français, en rencontrant des producteurs et en construisant petit à petit une sélection qui me ressemblait beaucoup plus.

Et finalement, j’ai décidé de quitter complètement la franchise et de créer ma propre identité : Flamme Kush. C’était surtout une manière de reprendre ma liberté. Pouvoir choisir moi-même chaque produit, travailler avec les personnes que j’ai envie de soutenir, privilégier le naturel et la qualité, et surtout pouvoir dire non à un produit même s’il pourrait rapporter de l’argent lorsqu’il ne correspond pas à mes valeurs.

Flamme Kush, au fond, c’est vraiment ça, le moment où la boutique est devenue totalement la mienne.

Intérieur de la boutique Flamme Kush située au 27 rue Kléber à Colmar

Que signifie le nom « Flamme Kush » et que souhaitez-vous transmettre à travers cette nouvelle identité ?

Alors Flamme Kush… ça a été un grand, grand brainstorming ! (rires) Je voulais absolument trouver un nom avec un jeu de mots, donc je peux vous dire qu’il y en a quelques-uns qui sont passés sur la table. J’ai eu droit à « Chanvre à part », « Chanvre avec vue », « L’Herbe Achat »… enfin, tout un tas de conneries plus ou moins heureuses avant d’arriver à quelque chose qui me plaisait vraiment ! Et finalement, Flamme Kush s’est imposé parce que derrière le jeu de mots, il réunissait plusieurs choses qui avaient du sens pour moi.

Déjà, petite minute histoire et culture : Colmar est la ville natale d’Auguste Bartholdi, le sculpteur de la statue de la Liberté. La statue de la Liberté est donc forcément très présente ici et fait un peu partie des emblèmes de la ville. Et évidemment, elle tient cette fameuse flamme de la liberté. Ensuite, on est en Alsace.

Quand on entend « Flamme Kush », difficile de ne pas penser à la flammekueche, notre tarte flambée. Il y avait donc ce petit clin d’œil alsacien que j’aimais bien, sans avoir besoin d’appeler la boutique « CBD Elsass » avec une cigogne sur le logo ! (rires) Mais surtout, il y avait cette idée de liberté. Parce que la création de Flamme Kush correspond justement au moment où j’ai quitté la franchise et où j’ai retrouvé ma totale indépendance.

La liberté de sélectionner mes produits, de travailler avec les producteurs que je veux, de défendre le naturel, de refuser certaines tendances du marché et, finalement, de faire les choses à ma manière et selon mes valeurs. C’est aussi pour ça que la statue de la Liberté et sa flamme ont naturellement trouvé leur place dans l’identité visuelle de Flamme Kush. Au départ, je cherchais surtout un bon jeu de mots. Et finalement, je suis tombé sur un nom qui raconte plutôt bien toute l’histoire : Colmar, l’Alsace, le cannabis et surtout une liberté retrouvée.

Personnage de Flamme Kush présentant une Statue de la Liberté souriante devant un décor street-art avec l’inscription Welcome to Flamme Kush.

Flamme Kush, c’est un peu notre flambeau de la liberté à nous.

Depuis combien de temps êtes-vous installé au 27 rue Kléber, et comment la boutique a-t-elle évolué depuis son ouverture ?

Je suis installé au 27 rue Kléber depuis avril 2021, donc ça fait maintenant un peu plus de cinq ans. Et forcément, en cinq ans, la boutique a énormément évolué… et moi avec ! Quand j’ai ouvert, comme je l’expliquais, je venais du spectacle et absolument pas du commerce. J’ai donc appris le métier directement sur le terrain, au contact des clients, des produits, des fournisseurs et des producteurs.

Au début, j’étais encore sous franchise, avec une sélection et un fonctionnement qui étaient forcément beaucoup plus encadrés. Puis, avec le temps et l’expérience, j’ai commencé à développer mes propres exigences et surtout à savoir beaucoup plus précisément ce que j’avais envie de proposer — et ce que je ne voulais plus proposer. La sélection a donc beaucoup évolué. Je me suis progressivement tourné vers davantage de produits français, de producteurs et d’artisans, avec cette volonté de savoir réellement ce que je mets dans mes bocaux et de pouvoir raconter aux clients d’où ça vient et comment ça a été travaillé.

Et puis il y a évidemment eu le passage de CBD’eau Colmar à Flamme Kush, qui représente probablement la plus grosse évolution de la boutique. À partir de là, j’ai pu construire quelque chose qui me correspondait vraiment, aussi bien dans la sélection que dans l’identité et la manière de travailler. Aujourd’hui, quand je regarde la boutique par rapport à avril 2021, ce n’est plus simplement le même commerce avec un autre nom. C’est cinq années d’expérience, de rencontres, d’erreurs aussi parfois, et surtout d’exigence qui a augmenté au fur et à mesure.

Plus j’en apprends sur le produit, plus je deviens difficile ! Et je pense que c’est plutôt une bonne chose pour les clients. (rires)

Une boutique CBD de proximité au cœur de Colmar

Pourquoi était-il important pour vous de conserver une véritable boutique physique à Colmar ?

Déjà parce que je suis né à Colmar. Je suis vraiment un gamin de la ville. J’ai grandi dans ses rues, j’ai passé mon enfance et mon adolescence à me balader dans le centre-ville, à rentrer dans les magasins, à discuter avec les commerçants… à être super bien accueilli par certains et à me faire envoyer chier par d’autres aussi ! (rires) Mais j’adorais ça. J’ai grandi dans les années 1990, à une époque où le centre-ville était rempli de petites boutiques : des magasins de fringues, d’électroménager, des drugstores, des commerces indépendants…

On allait en ville pour acheter quelque chose, mais aussi simplement pour se balader, regarder les vitrines et parler avec les gens. Il y avait un vrai contact humain, et avec le temps je me suis rendu compte que cette ambiance-là me manquait. Colmar a énormément évolué depuis. C’est devenu une ville extrêmement touristique, ce qui est évidemment une chance pour la ville et pour ses commerçants, moi le premier.

Mais le revers de la médaille, c’est qu’une grande partie du commerce du centre-ville s’est progressivement tournée vers les touristes.

Et pour les Colmariens, beaucoup de choses ont fini par partir vers les zones commerciales en périphérie. Quand j’ai ouvert ma boutique, j’avais donc aussi cette petite revendication personnelle : participer, à mon échelle, à réhabiliter le centre-ville pour les Colmariens. Je voulais une boutique dans laquelle les gens du coin puissent venir régulièrement, où on finit par connaître les prénoms, les habitudes, où on discute cinq minutes même quand quelqu’un n’achète rien.

Bref, retrouver un peu de ce commerce de proximité que j’avais connu gamin. Et aujourd’hui, il y a une phrase que j’entends assez régulièrement de la part de certains clients : « Moi, si je viens encore au centre-ville, c’est juste pour venir te voir. » Ça peut paraître tout bête, mais pour moi, ça veut dire beaucoup. Parce que finalement, c’était exactement l’idée au départ : redonner une raison aux gens du coin de venir en ville, même si ce n’est que pour passer à la boutique, discuter cinq minutes et repartir.

Évidemment, je suis très heureux d’accueillir les touristes — et à Colmar, on en voit passer du monde !

Illustration du conseil chez Flamme Kush à Colmar, avec une sélection de fleurs, des plaques de dry sift et une résine artisanale

Mais Flamme Kush reste avant tout une boutique de proximité, dans ma ville, pour les gens qui y vivent aussi toute l’année.

Qu’est-ce qu’un commerce de proximité peut apporter que l’on ne retrouve pas forcément lors d’un achat effectué uniquement sur Internet ?

Déjà, il y a une chose qu’Internet remplacera difficilement : le côté humain. Quand quelqu’un pousse la porte de la boutique, il ne se retrouve pas tout seul devant 150 références avec trois photos et une description. On peut discuter, comprendre ce qu’il recherche, ce qu’il connaît déjà, ce qu’il aime ou n’aime pas, et l’orienter réellement.

Et puis surtout, sur les fleurs et les résines, on peut voir et sentir le produit.

Pour moi, c’est essentiel. Une belle photo et une description aromatique sur un site, c’est bien, mais avoir le produit devant soi, c’est quand même autre chose. Il y a aussi la possibilité de découvrir tranquillement. Quelqu’un peut prendre un gramme d’une variété, un gramme d’une autre, tester plusieurs choses et revenir ensuite vers ce qui lui plaît vraiment.

Il n’est pas obligé de commander directement 10 ou 20 grammes d’un produit qu’il ne connaît pas simplement pour avoir un prix intéressant. Mais je pense que la vraie plus-value de Flamme Kush, au-delà du fait d’avoir une boutique physique, c’est ma sélection. Le client ne vient pas simplement choisir dans un catalogue. En amont, j’ai déjà fait une grosse partie du travail : chercher les produits, les comparer, les tester, rencontrer des producteurs, en éliminer beaucoup et ne garder que ceux que j’ai réellement envie de mettre dans mes bocaux.

C’est un peu cette idée de caviste du CBD : je ne cherche pas à avoir 200 références pour pouvoir dire que j’ai 200 références. Je préfère avoir une sélection plus réfléchie et être capable d’expliquer pourquoi tel produit est là. Et puis il y a quelque chose qui s’est créé naturellement avec les années : la boutique est devenue un vrai petit melting-pot. Il y a des gens de milieux, d’âges et d’horizons complètement différents qui n’auraient probablement jamais eu l’occasion de se parler ailleurs.

Ils se croisent à la boutique, quelqu’un s’arrête cinq minutes, finalement reste un peu plus longtemps, une discussion démarre avec un autre client…

Et ça, je trouve ça assez génial.

Au final, je pourrais probablement vendre des produits uniquement derrière un écran.

Mais je perdrais une grosse partie de ce que j’aime dans ce métier. La boutique, ce n’est pas seulement ce qu’il y a dans les bocaux. C’est la sélection du mec derrière le comptoir, le conseil, la confiance et toutes les discussions qui se créent autour.

Quel type de clientèle pousse aujourd’hui la porte de Flamme Kush ?

Franchement ? Tout le monde.

Et ce n’est pas une formule. J’ai eu des clients d’une vingtaine d’années comme une grand-mère de 95 ans, avec entre les deux beaucoup de trentenaires, de quarantenaires, de cinquantenaires… Il n’y a vraiment plus de profil type. Et c’est pareil socialement.

Je vois passer absolument toutes les classes sociales, tous les métiers, tous les styles de vie. Des gens qui, extérieurement, n’ont parfois strictement rien en commun se retrouvent à acheter du CBD dans la même boutique. C’est d’ailleurs ce qui crée ce fameux melting-pot dont je parlais. Certains clients qui ne se seraient probablement jamais adressé la parole ailleurs se retrouvent devant les bocaux, commencent à discuter et finalement échangent pendant dix minutes.

Je pense qu’en cinq ans, beaucoup de barrières sont tombées autour du CBD. Au début, on pouvait encore imaginer qu’il existait un profil particulier de consommateur. Aujourd’hui, je serais bien incapable de vous le décrire. Et quelque part, c’est aussi ce que j’aime dans ce métier.

Je peux passer d’une personne de 20 ans à une mamie de 95 ans, puis accueillir quelqu’un qui vient d’un univers totalement différent cinq minutes après. Le CBD est devenu beaucoup plus transversal qu’on ne l’imagine : il n’y a plus vraiment un type de clientèle, il y a des clients complètement différents les uns des autres. Et c’est probablement pour ça qu’il y a autant de discussions improbables dans cette boutique ! (rires)

Les personnes qui entrent dans votre boutique savent-elles généralement ce qu’elles recherchent, ou avez-vous encore un important travail d’information et d’accompagnement à effectuer ?

Ça a énormément évolué depuis l’ouverture. Pendant les deux premières années, il y avait beaucoup, beaucoup plus d’explications à donner. Le CBD était encore assez nouveau pour une grande partie du public. Il fallait expliquer ce que c’était, les différents produits, les huiles, les baumes, les fleurs, les résines…

Beaucoup de personnes entraient dans la boutique sans vraiment savoir vers quoi se tourner. Aujourd’hui, il y a eu une sacrée démocratisation de la plante. Les gens connaissent beaucoup mieux le CBD, ils en ont entendu parler, ils ont souvent déjà testé plusieurs produits et une bonne partie de mes clients savent maintenant ce qu’ils viennent chercher. Évidemment, j’ai toujours le novice qui pousse la porte en me disant : « Je n’y connais absolument rien, expliquez-moi. » Et ça fait partie du métier.

J’aime justement prendre le temps de repartir de zéro avec quelqu’un plutôt que de lui mettre directement un produit dans les mains. Mais ce qui est intéressant, c’est que les questions ont changé. Aujourd’hui, on vient aussi beaucoup me voir pour avoir des explications sur les néocannabinoïdes et les molécules fortement psychotropes qu’on peut trouver ailleurs, parfois même dans des bureaux de tabac ou d’autres shops. Les gens voient passer des noms de molécules, des produits avec des effets annoncés très puissants, et ils viennent me demander : « Pourquoi toi tu n’en as pas ? Qu’est-ce qu’il y a réellement dedans ? Comment c’est fabriqué ? Pourquoi tu refuses d’en vendre ? » Et là, je me fais un malin plaisir de leur expliquer pourquoi ! (rires) Pas pour faire la morale aux gens, mais parce que c’est justement là que notre rôle de boutique spécialisée prend tout son sens.

Expliquer la différence entre un produit naturel et un produit modifié ou enrichi, parler de ce qu’on sait et aussi de ce qu’on ne sait pas encore, et permettre à chacun de faire ses choix avec un minimum d’informations. Donc oui, il y a moins besoin qu’avant d’expliquer simplement « qu’est-ce que le CBD ? », mais le travail d’information est toujours là. Il s’est simplement déplacé : aujourd’hui, on explique davantage ce qu’il y a autour du CBD… et parfois ce qui essaie de se faire passer pour du CBD.

Quelles sont les interrogations ou les idées reçues que vous rencontrez le plus souvent chez vos clients ?

Les deux questions qui reviennent tout le temps, ce sont : « Est-ce qu’on a vraiment le droit de fumer du CBD ? » et surtout « Est-ce que je risque de perdre mon permis de conduire ? » Ce sont clairement les deux grosses inquiétudes. Et finalement, je trouve assez révélateur qu’après plusieurs années de démocratisation du CBD, les principales peurs restent quasiment les mêmes que celles qui entourent le cannabis récréatif. Il y a encore une vraie stigmatisation autour de la plante et de ceux qui la consomment.

Illustration de prévention sur le CBD et la conduite, avec un conducteur invité à s’informer avant de prendre le volant

Dès qu’on parle de cannabis, même lorsqu’on parle de chanvre et de produits légalement commercialisés, il reste cette image du consommateur qu’on regarde un peu de travers, presque comme s’il faisait forcément quelque chose de répréhensible. Et forcément, ça crée des situations assez paradoxales. J’ai des clients adultes qui viennent acheter tranquillement un produit vendu légalement en boutique, avec facture et traçabilité, et qui, malgré tout, me demandent avec une vraie inquiétude : « Mais je suis sûr que j’ai le droit ? » Je trouve ça assez fou.

Le problème, c’est aussi que la réglementation et les usages n’évoluent pas toujours au même rythme. Le marché change très vite, les produits évoluent, la consommation se démocratise, mais pour le grand public, les règles restent parfois difficiles à comprendre. La conduite est probablement le meilleur exemple. C’est un sujet sur lequel je préfère être très clair avec mes clients et faire de la prévention plutôt que de leur raconter ce qu’ils ont envie d’entendre.

Produit légal ne veut pas dire absence de conséquences dans toutes les situations, notamment au volant. Et c’est là qu’on retrouve encore le rôle du commerçant spécialisé : vendre, bien sûr, mais aussi expliquer les règles, prévenir des risques et parfois casser quelques idées reçues. Parce qu’aujourd’hui, beaucoup de gens n’ont plus vraiment peur du CBD lui-même. Ils ont surtout peur de ce qui peut leur arriver parce qu’ils en consomment.

Et je trouve dommage qu’en 2026, quelqu’un qui pousse la porte d’une boutique spécialisée ait encore parfois l’impression de devoir presque se justifier de consommer du CBD.

Comment accompagnez-vous une personne qui découvre totalement le CBD et qui ne sait pas vers quel produit se tourner ?

Déjà, j’aurais presque envie de répondre : avec le peu de produits qu’on nous laisse encore à disposition ! (rires)

Ces dernières années, la réglementation, notamment autour du Novel Food, a quand même pas mal réduit les possibilités sur certains produits. De mon côté, j’ai fait le choix de continuer à proposer notamment des huiles et des infusions, parce que je trouve que ce serait vraiment dommageable pour une partie de ma clientèle de voir disparaître complètement ces alternatives.

Quand quelqu’un entre dans la boutique et me dit : « Je n’y connais absolument rien au CBD », mon premier réflexe n’est pas de lui mettre le produit le plus fort ou le plus cher entre les mains. Je commence par discuter.

Pourquoi la personne s’intéresse au CBD ? Qu’est-ce qu’elle connaît déjà de la plante ?

Qu’est-ce qu’elle recherche comme type d’expérience ? Et surtout, est-ce qu’elle a certaines appréhensions ?

Parce que beaucoup de personnes qui découvrent le CBD arrivent encore avec tout l’imaginaire lié au cannabis récréatif. Pour quelqu’un qui vient par exemple parce qu’il cherche quelque chose autour de la détente, du stress du quotidien ou du sommeil, j’aime beaucoup commencer par l’infusion.

Je trouve que c’est une excellente porte d’entrée. Il y a déjà quelque chose de très simple dans le geste : on se prépare une tisane. Ça permet de découvrir le chanvre tranquillement, son goût, son univers, et surtout de dédramatiser complètement la plante. La personne se rend compte qu’elle peut boire son infusion sans soudainement voir passer des éléphants roses dans son salon ou ressentir une envie irrépressible de mettre Bob Marley à fond ! (rires)

Et mine de rien, cette première expérience permet souvent de casser énormément d’idées reçues.

Ensuite, si la personne souhaite découvrir autre chose, on peut parler des huiles ou des autres produits disponibles et avancer progressivement. Pour moi, accompagner quelqu’un qui découvre le CBD, ce n’est donc pas simplement lui dire « prenez ça ». C’est prendre le temps de comprendre pourquoi il est là, lui expliquer ce qu’on peut raisonnablement attendre des différents produits, ce qu’on ne doit pas en attendre non plus, et lui permettre de découvrir tout ça sans peur et sans discours miracle.

Parce que mon boulot, ce n’est pas de transformer chaque personne qui entre en spécialiste du chanvre en vingt minutes. C’est surtout de faire en sorte qu’elle ressorte en comprenant un peu mieux la plante qu’en entrant.

Façade de Flamme Kush à Colmar avec le gérant illustré rappelant que la boutique ne se résume pas aux produits dans les bocaux

Une sélection artisanale, française et sans compromis

Vous mettez en avant une « sélection artisanale, sans compromis et 100 % naturelle ». Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour vous ?

Ce n’est pas juste une phrase qu’on a trouvée pour mettre sur les sachets. « Sélection artisanale, sans compromis et 100 % naturelle », ça résume vraiment ma manière de travailler. Déjà, dès que c’est possible, je travaille directement avec les producteurs français. J’aime savoir qui est derrière le produit, comment il travaille, comment il cultive, comment il transforme et quelle philosophie il y a derrière. Et quand j’en ai l’occasion, j’aime aller directement voir les fermes.

Ce n’est pas toujours évident parce qu’il faut réussir à faire coïncider le planning d’un producteur avec celui d’un commerçant qui tient sa boutique toute la semaine… donc forcément, ça limite un peu les possibilités ! Mais quand je peux profiter d’un week-end pour aller visiter une ferme, rencontrer les gens et voir leur travail directement sur place, je le fais avec plaisir. Parce qu’après, quand je mets un produit dans un bocal, je ne connais pas simplement son nom et son prix au kilo.

Je sais aussi qui l’a fait et comment il a été fait.

Et ça, pour moi, ça change énormément de choses.

Ensuite, il y a le « sans compromis ». Ma sélection est volontairement assez précise et pointue. Je ne cherche pas à remplir les étagères pour avoir le catalogue le plus gros possible. Un produit peut être à la mode, très rentable ou réclamé par certains clients : si je ne suis pas convaincu par sa qualité ou par sa méthode de fabrication, je préfère m’en passer.

Et s’il y a un doute, c’est pareil. Dans le doute, je préfère ne pas vendre. C’est peut-être parfois moins intéressant commercialement, mais au moins je sais pourquoi chaque produit est présent dans ma boutique et je peux le défendre sans avoir à raconter d’histoires au client.

Illustration du gérant de Flamme Kush présentant une fleur de CBD dans sa boutique située à Colmar

Enfin, le « 100 % naturel », c’est justement ce qui est devenu essentiel pour moi avec l’évolution du marché.

Je veux retrouver le travail de la plante, du producteur et du produit tel qu’il a été pensé, pas quelque chose qu’on a artificiellement maquillé derrière pour lui donner un goût, une puissance ou des caractéristiques qu’il n’avait pas naturellement. Au fond, toute ma sélection repose sur quelque chose d’assez simple : je préfère avoir moins de produits, mais être fier de chacun de ceux que je propose. Et si ça implique de dire non à certaines références ou de perdre quelques ventes au passage, alors c’est exactement ça, « sans compromis ».

Quels sont vos principaux critères lorsque vous choisissez une fleur, une résine ou un autre produit destiné à votre boutique ?

Il y en a plusieurs, et forcément le premier, c’est la manière dont le produit a été fabriqué ou cultivé. Je veux savoir d’où il vient, comment il a été travaillé et ce qu’il y a réellement derrière. Ensuite, évidemment, je regarde les analyses. Ça, c’est la partie indispensable et beaucoup moins sexy que d’ouvrir un joli bocal, mais elle fait partie du travail.

Et après viennent mes critères beaucoup plus sensoriels : le visuel, l’odeur, le goût, et aussi l’effet de détente que je peux personnellement ressentir avec le produit. Parce qu’une fleur peut être magnifique sur une photo et finalement ne raconter absolument rien une fois qu’on la découvre vraiment. À l’inverse, certaines ne gagneront peut-être pas le concours de beauté, mais vont avoir une aromatique incroyable. Donc j’essaie vraiment de juger l’ensemble et pas uniquement le physique.

Mais il y a aussi un critère qui compte énormément pour moi et qu’on oublie souvent : le feeling avec le producteur. Comme je travaille beaucoup en direct, la relation humaine a une vraie importance.

J’aime échanger avec quelqu’un qui connaît son produit, qui est capable de m’expliquer son travail, ses choix, ses réussites mais aussi parfois ses galères. Quelqu’un qui est passionné par ce qu’il fait et avec qui une relation de confiance peut se créer.

Et parfois, entre deux très bons produits, ça peut clairement faire la différence. Je ne sélectionne pas uniquement une jolie fleur ou une bonne résine. Derrière, je sélectionne aussi une manière de travailler et des gens avec lesquels j’ai envie de travailler. Au final, pour rentrer chez Flamme Kush, un produit doit donc passer plusieurs étapes : la fabrication, les analyses, les yeux, le nez, le goût… et un petit peu les tripes aussi.

Parce qu’au bout de cinq ans, il y a forcément une partie de la sélection qui se fait au feeling. Et généralement, quand j’ai un doute dès le départ, je préfère écouter ce doute plutôt que d’essayer de me convaincre.

Accordez-vous une importance particulière à l’origine des produits, aux méthodes de culture et au travail réalisé par les producteurs ?

Oui, complètement. C’est même l’essence de mon travail. Pour moi, sélectionner un produit, ce n’est pas simplement regarder une belle fleur, sentir si elle a une bonne odeur et vérifier son prix. Ce qui m’intéresse, c’est tout ce qu’il y a derrière : d’où elle vient, qui l’a cultivée, comment elle a été cultivée, comment elle a été séchée, affinée, et quelle est la philosophie du producteur.

C’est justement pour ça que je travaille autant que possible directement avec les producteurs français, et que lorsque j’en ai l’occasion, je vais visiter les fermes. J’aime comprendre le produit depuis la plante jusqu’au moment où il arrive dans mon bocal. Parce qu’au final, quand un client me demande : « Elle vient d’où celle-là ? Qui l’a faite ? Comment elle a été cultivée ? », j’ai envie de pouvoir lui répondre réellement, pas simplement de lire une fiche fournisseur.

Et plus j’avance dans ce métier, plus je trouve que la qualité du produit est indissociable du travail et de la personne qu’il y a derrière. Donc oui, l’origine, les méthodes de culture et le travail des producteurs ne sont pas juste des critères supplémentaires dans ma sélection. C’est vraiment l’essence même de mon boulot.

Flamme kush une fleur macro

Quelle place les producteurs et artisans français occupent-ils actuellement dans votre sélection ?

Quelle place ils occupent ? Honnêtement, ils en prennent tellement dans la boutique qu’ils ne m’en laissent presque plus ! (rires) Aujourd’hui, je dirais qu’environ 90 % de ma sélection vient directement de producteurs, et très majoritairement de producteurs et artisans français. Donc ce n’est plus simplement une petite partie de la boutique ou quelques références que je mets en avant dans un coin : c’est devenu le cœur de Flamme Kush.

Avec le temps, j’ai vraiment privilégié le travail en direct. Ça me permet de connaître les personnes derrière les produits, de comprendre leurs méthodes, de suivre leur travail et parfois même, comme je le disais, d’aller directement visiter leurs fermes. Et humainement, ça change aussi complètement la relation. Je ne passe plus simplement une commande dans un catalogue chez un grossiste.

Je peux discuter avec le producteur, découvrir ce qu’il prépare, goûter des nouveautés, lui faire des retours… Il y a un véritable échange. C’est aussi ce qui me permet aujourd’hui d’avoir une sélection qui ressemble vraiment à Flamme Kush plutôt qu’une sélection qu’on pourrait retrouver à l’identique dans vingt autres boutiques. Donc oui, les producteurs français ont pris beaucoup de place ici.

Fleurs Rainbow Road présentées devant leur pot chez Flamme Kush, boutique CBD indépendante à Colmar

À peu près 90 % de la boutique… À ce rythme-là, bientôt c’est moi qui vais devoir travailler dehors ! (rires)

Testez-vous personnellement les fleurs et les résines avant de décider de les proposer à vos clients ?

Oui, bien évidemment.

Je trouverais même assez compliqué de conseiller correctement un produit que je n’ai jamais testé moi-même. Dans les meilleures dispositions, je teste en vaporisation. C’est là que je trouve qu’on peut vraiment découvrir le produit proprement, notamment son profil aromatique et ses différentes nuances. Après, je vais être totalement honnête : je suis quand même bien accro à la nicotine ! (rires) Donc dans la réalité, je teste aussi régulièrement les fleurs et les résines en combustion, avec du tabac.

Au final, je fais un peu des deux. Et quelque part, ça me permet aussi d’avoir deux lectures différentes du même produit.

Certaines choses ressortent très bien en vaporisation, d’autres vont se comporter différemment en combustion.

Mais dans tous les cas, avant qu’un produit arrive dans mes bocaux, il passe par moi.

Je regarde le visuel, je sens, je goûte, je teste et je vois aussi quel ressenti de détente il peut m’apporter. Les analyses et la traçabilité sont indispensables, évidemment, mais elles ne me diront jamais si, personnellement, je trouve le produit bon. Et comme derrière c’est moi qui vais devoir le présenter et le conseiller aux clients, il faut déjà qu’il m’ait convaincu moi. Ça explique aussi pourquoi ma sélection peut parfois être assez sévère : goûter des fleurs et des résines fait partie du boulot…

Il y a quand même des contraintes professionnelles plus difficiles à vivre ! (rires)

Comment contrôlez-vous la conformité, la traçabilité et la qualité des produits présents dans votre boutique ?

Déjà, grâce aux analyses. C’est la base. Je demande et je regarde les analyses des produits que je sélectionne, aussi bien pour leur conformité que pour savoir réellement ce que je vais mettre dans mes bocaux. Et ensuite, il y a forcément l’expérience.

Ça fait plus de cinq ans maintenant que je travaille quotidiennement avec des fleurs, des résines, des producteurs et des fournisseurs. À force d’en voir, d’en sentir, d’en goûter et d’en tester, tu développes forcément un œil, un nez et une certaine connaissance du produit. Évidemment, mon expérience ne remplace pas un laboratoire, tout comme une analyse ne remplacera jamais complètement ce que je peux constater sur le produit.

Pour moi, les deux sont complémentaires : les analyses pour les données objectives et mon expérience pour juger la qualité réelle du produit.

Et puis le fait de travailler directement avec énormément de producteurs facilite aussi beaucoup la traçabilité. Je sais avec qui je travaille, d’où vient le produit et comment il a été cultivé ou fabriqué. Au final, ça rejoint toujours ma règle de base : si quelque chose me paraît douteux ou si je n’ai pas les éléments nécessaires pour être serein, je préfère ne pas le prendre.

Donc : les analyses, la traçabilité, et plus de cinq ans à avoir le nez dans les bocaux ! (rires)

fleurs de cbd dans un bocal

Quelle est votre position concernant les fleurs retravaillées, les terpènes ajoutés et les produits dont les taux paraissent parfois difficiles à expliquer naturellement ?

Pour moi, une fleur, ça doit être brut et naturel. Il n’y a rien à maquiller derrière. Je fais souvent le parallèle avec une tomate. Vous prenez une bonne tomate du potager, cultivée correctement, arrivée à maturité, et vous la comparez avec une tomate industrielle qui a poussé pour être calibrée, transportée et jolie sur une étagère…

Il n’y a pas photo. Pour le cannabis, je vois les choses exactement de la même manière. La nature fait une grosse partie du travail, et la main du producteur fait le reste. Quand la génétique est bonne, que la plante a été bien cultivée, récoltée au bon moment, séchée et affinée correctement, normalement le produit doit pouvoir parler tout seul.

Je ne vois donc pas l’intérêt de prendre une fleur moyenne pour ensuite essayer de la transformer en quelque chose d’exceptionnel en rajoutant des terpènes, en la retravaillant ou en lui faisant subir je ne sais quelle transformation pour qu’elle sente plus fort ou qu’elle affiche des caractéristiques qu’elle n’avait pas naturellement.

Je préfère une très bonne fleur qui sent naturellement ce qu’elle doit sentir plutôt qu’une fleur moyenne avec du parfum et du maquillage.

C’est aussi pour ça que je travaille autant que possible directement avec les producteurs. Ce qui m’intéresse, c’est leur savoir-faire : la culture, la génétique, le séchage, l’affinage… pas la capacité à rattraper le produit après coup. Et quand je vois certains taux ou certaines caractéristiques qui deviennent difficiles à expliquer naturellement, forcément, ça m’interroge.

Et comme je le disais pour ma sélection : quand j’ai un doute, je préfère m’en passer.

Je ne dis pas qu’il faut avoir la fleur la plus parfaite visuellement du monde. Une tomate du jardin n’est pas toujours parfaitement ronde non plus.

Le gérant de Flamme Kush présente une fleur de CBD soigneusement sélectionnée derrière le comptoir de sa boutique à Colmar

Mais si le produit est bon dès le départ, il n’a pas besoin d’être transformé, maquillé ou déguisé pour devenir désirable. Pour moi, le meilleur travail reste celui qu’on fait avec la plante, pas celui qu’on lui fait subir après.

Avez-vous fait le choix d’écarter totalement les cannabinoïdes de synthèse ou les molécules à vocation fortement psychotrope ?

Oui, totalement.

Et là-dessus, ma position est très claire, je suis complètement contre ces produits. La première raison, c’est qu’on n’a tout simplement pas suffisamment de recul sur beaucoup de ces nouvelles molécules, leurs usages et leurs conséquences.

Et personnellement, je refuse de faire de mes clients des cobayes simplement parce qu’un nouveau produit peut générer beaucoup de chiffre d’affaires.

Ça fait maintenant plusieurs années que je suis dans cette filière, j’ai vu arriver les différentes vagues de nouvelles molécules et j’ai beaucoup discuté avec des professionnels qui ont choisi de les commercialiser.

Et ce qui m’a toujours frappé, c’est l’argument qui revient systématiquement : le chiffre d’affaires. On me parle de produits qui se vendent énormément, de clients qui reviennent très vite, de marges, de marché à prendre…

Mais beaucoup plus rarement de la qualité réelle du produit, du consommateur qui est derrière ou du recul que l’on possède sur ce qu’on lui vend.

Et ça, ce n’est absolument pas ma vision de cette filière.

Je ne me suis pas lancé dans le chanvre pour chercher en permanence quelle nouvelle molécule va permettre de reproduire des effets toujours plus puissants. Ce qui me passionne, c’est justement la plante, les génétiques, les producteurs, les méthodes de culture, les fleurs, les résines et tout le savoir-faire qu’il y a autour. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui m’ont progressivement poussé à prendre mon indépendance et à construire Flamme Kush autour de mes propres valeurs.

Bien sûr qu’une boutique doit être rentable. Je suis commerçant, j’ai des factures à payer comme tout le monde.

Mais il doit quand même rester une limite entre faire du commerce et vendre n’importe quoi simplement parce que ça rapporte. Moi, cette limite, je l’ai fixée très clairement.

Pas de cannabinoïdes de synthèse ni de course à la molécule psychotrope chez Flamme Kush.

Je préfère perdre des ventes et pouvoir continuer à regarder mes clients dans les yeux en sachant pourquoi j’ai choisi les produits qui sont derrière moi. Et surtout, je trouve que la plante mérite bien mieux que ça. Elle est suffisamment riche et intéressante naturellement pour qu’on n’ait pas besoin de la transformer en laboratoire à chaque fois que quelqu’un trouve une nouvelle manière de faire du chiffre avec.

Et si je devais résumer ce que j’aimerais réellement voir arriver pour sortir de cette course permanente aux molécules et enfin traiter cette plante comme elle le mérite, je le ferais en un seul mot : LÉGALISATION.

Parmi l’ensemble de votre sélection, existe-t-il un produit, une collaboration ou un producteur qui représente particulièrement bien l’identité de Flamme Kush ?

Aucun… ou tous, en fait. Je serais incapable de sortir un produit ou un producteur en particulier en disant : « Voilà, ça, c’est Flamme Kush. » Parce que justement, Flamme Kush, pour moi, c’est vraiment un ensemble. Chaque producteur avec lequel je travaille apporte quelque chose de différent. Il y a des méthodes de culture différentes, des génétiques différentes, des sensibilités différentes, des personnalités aussi… et c’est l’ensemble de tout ça qui construit la sélection de la boutique.

Évidemment, j’ai mes coups de cœur. Il y a des produits qui vont particulièrement me marquer à un moment donné, des producteurs avec lesquels des liens plus forts se créent, des récoltes exceptionnelles… Mais je n’ai pas envie de mettre quelqu’un sur un piédestal et de dire que lui représente Flamme Kush plus qu’un autre. D’autant plus qu’aujourd’hui, comme je le disais, environ 90 % de ma sélection vient directement de producteurs.

Si leurs produits sont dans mes bocaux, c’est justement parce qu’à mes yeux ils ont tous quelque chose qui correspond à l’identité de la boutique. Et je crois que c’est finalement ça qui représente le mieux Flamme Kush ce n'est pas un produit vedette, mais une sélection cohérente de gens et de produits auxquels je crois.

Donc si je dois vraiment répondre à la question : aucun en particulier… et un peu tous à la fois. Flamme Kush, ce n’est pas un produit.

C’est la sélection.

Fleurs, résines, vaporisation et réduction des risques

Les fleurs et les résines restent-elles les produits les plus recherchés, ou constatez-vous une évolution vers les huiles, les infusions et d’autres formes de consommation ?

Alors, pour une fois, je vais parler chiffres ! Oui, très clairement : aujourd’hui, les fleurs et les résines représentent environ 80 % de mes ventes. Donc malgré le développement des huiles, des infusions et des autres modes de consommation, chez Flamme Kush, le cœur de la demande reste très largement autour de la fleur et de la résine. Et finalement, ce n’est pas très étonnant parce que c’est aussi devenu le cœur de mon travail et de ma sélection.

Personnage illustré de Flamme Kush présentant une résine CBD photographique sur un comptoir, devant un décor street-art.

C’est là que je passe énormément de temps à chercher des producteurs, à tester des produits, à comparer les méthodes de culture ou de fabrication et à essayer de trouver des choses qui sortent vraiment du lot. Les huiles et les infusions ont évidemment leur public, et je tiens à continuer à les proposer. Elles sont notamment très intéressantes pour les personnes qui découvrent le CBD ou qui ne veulent tout simplement pas se tourner vers les fleurs et les résines.

Mais dans les faits, les chiffres sont assez clairs : huit ventes sur dix environ concernent les fleurs et les résines. Donc oui, les autres formes de consommation ont trouvé leur place et font aujourd’hui partie du paysage, mais chez moi, la fleur et la résine restent très largement les patronnes ! (rires)

Parlez-vous de la vaporisation à vos clients comme solution différente de la combustion ?

Oui, toujours. Pour moi, si je devais classer les modes de consommation que je préfère conseiller, ce serait d’abord l’alimentaire, puis la vaporisation. L’alimentaire, parce qu’on évite complètement la combustion et qu’on est dans une approche beaucoup plus douce de la plante. Et juste derrière, la vaporisation, parce qu’elle permet de profiter de la fleur sans la brûler.

On chauffe la matière au lieu de la brûler, ce qui permet aussi de mieux percevoir les arômes et les nuances du produit. Je trouve que c’est particulièrement intéressant avec les fleurs de qualité. Quand un producteur a bien travaillé sa génétique, son séchage et son affinage, la vaporisation permet vraiment de comprendre ce qu’il y a dans la fleur. Après, je ne fais pas la morale aux gens.

Je sais très bien que beaucoup ont leurs habitudes, notamment avec la combustion, et moi-même je ne vais pas prétendre être irréprochable là-dessus. Mais mon rôle, c’est quand même de présenter les différentes options et d’expliquer qu’il existe d’autres manières de consommer que de brûler systématiquement le produit.

Donc oui, la vaporisation, j’en parle quasiment à chaque fois que le sujet s’y prête. Et si quelqu’un veut vraiment découvrir une bonne fleur pour ce qu’elle est, sans trop la dénaturer, c’est clairement une méthode que je recommande.

Selon vous, les boutiques spécialisées ont-elles aussi un rôle pédagogique à jouer concernant les modes de consommation et la réduction des risques ?

Oui, complètement.

Pour moi, ça fait même partie de notre rôle de spécialiste. Une boutique spécialisée ne devrait pas simplement être un endroit où quelqu’un rentre, achète son produit et repart.

Notre boulot, c’est aussi d’informer, de conseiller et d’orienter.

En plus de cinq ans, j’ai vraiment vu tous les niveaux de connaissance possibles. Il y a des gens qui connaissent très bien le cannabis et le CBD, qui savent exactement ce qu’ils consomment et comment ils veulent le consommer. Et à l’inverse, j’ai régulièrement des personnes qui partent littéralement de zéro. Dans ces cas-là, il faut reprendre toutes les bases.

Expliquer les différences entre les produits, les différents modes de consommation, parler de l’alimentaire, de la vaporisation, de la combustion, et donner suffisamment d’informations pour que la personne puisse ensuite faire ses propres choix. Et pour moi, la réduction des risques fait forcément partie de cette discussion. Je ne suis pas là pour faire la morale aux gens ni leur dire comment ils doivent vivre. D’autant plus que, comme je le disais juste avant, je serais assez mal placé pour prétendre avoir moi-même une consommation absolument parfaite ! (rires) En revanche, je peux expliquer qu’il existe différentes manières de consommer et orienter vers des pratiques qui évitent notamment la combustion lorsque c’est possible.

C’est aussi valable pour les nouveaux produits et les nouvelles molécules qui apparaissent sur le marché. Quand quelqu’un vient me poser une question dessus, même si je n’en vends pas, je préfère qu’il trouve une information et une discussion chez un professionnel plutôt que de rester complètement dans le flou.

Parce qu’au final, être spécialiste, ce n’est pas simplement connaître les produits qu’on a sur son étagère. C’est aussi savoir expliquer ce qu’on vend, pourquoi on le vend, comment l’utiliser et parfois pourquoi on a décidé de ne pas vendre certaines choses.

Comment trouvez-vous le juste équilibre entre le conseil apporté au client et l’interdiction de présenter le CBD comme un médicament ou de formuler des allégations thérapeutiques ?

C’est toujours un équilibre un peu particulier parce que ce n’est pas évident de vendre un produit sans réellement pouvoir parler de ce que les gens viennent chercher avec. Mais à l’inverse, faire des allégations thérapeutiques quand on n’a pas fait dix ans de médecine, pour moi, ce serait tout aussi problématique. Je ne suis pas médecin. Donc ça me paraît assez évident que je ne vais pas expliquer à quelqu’un que le CBD va soigner telle ou telle pathologie, ni lui conseiller d’arrêter ou de modifier un traitement.

Ce n’est tout simplement pas mon métier. En revanche, ce que je peux faire, c’est parler du produit, expliquer ce que l’on sait, rester prudent sur ce que l’on ne sait pas et surtout partager les retours que j’ai accumulés en plus de cinq ans de boutique. Parce que des retours clients, forcément, j’en ai énormément. Et il y a aussi quelque chose qui m’a beaucoup marqué au fil des années : les retours sur les produits destinés aux animaux.

J’ai vu passer des chiens, des chats, et même des poneys ! Et certains propriétaires sont revenus me raconter des évolutions qu’ils avaient trouvées vraiment impressionnantes. Alors évidemment, là encore, je ne vais pas transformer ça en étude clinique. Mais personnellement, ça m’interpelle forcément.

Parce qu’un chien, un chat ou un poney ne sait pas qu’on vient de lui donner du CBD et ne revient pas trois jours plus tard me dire que ma nouvelle huile est formidable ! (rires) Donc oui, personnellement, je crois au produit. Si je n’y croyais pas, je pense que ce serait assez compliqué de passer mes journées à le sélectionner et à le conseiller. Mais croire dans ce que je vends ne me transforme pas pour autant en professionnel de santé.

Je peux écouter, informer, expliquer et raconter ce que j’observe depuis des années. Diagnostiquer, prescrire ou promettre de soigner quelque chose, non. Et finalement, cette limite me paraît plutôt saine : chacun son métier.

Le quotidien d’un shop CBD indépendant

Quelle est la plus grande difficulté rencontrée aujourd’hui lorsqu’on dirige une boutique physique spécialisée dans le CBD ?

Je dirais qu’il y en a deux grosses.

La première, c’est cette impression de devoir travailler avec une épée de Damoclès permanente au-dessus de la tête. Ça fait plus de cinq ans que je suis dans cette filière et j’ai l’impression qu’on passe notre temps à nous adapter à une nouvelle réglementation, une nouvelle interdiction, un nouvel arrêté, une nouvelle interprétation… avec régulièrement des contrôles administratifs ou fiscaux qui viennent s’ajouter à tout ça.

On a connu les différentes batailles autour de la fleur, les évolutions liées au Novel Food, les nouvelles molécules interdites les unes après les autres, les discussions autour de la place des bureaux de tabac… Il y a toujours quelque chose. Et pour un petit commerçant indépendant, cette incertitude permanente est épuisante. On investit dans une boutique, on construit une clientèle, on travaille avec des producteurs, on essaie de faire les choses proprement… tout en sachant qu’une décision prise quelques mois plus tard peut venir bouleverser une partie de notre activité.

Heureusement qu’on vend du CBD, parce que sinon, putain, qu’est-ce qu’on serait stressés ! (rires)

Mais l’autre énorme problème et peut-être même aujourd’hui le numéro un pour moi ce sont les néocannabinoïdes et cette course permanente aux nouvelles molécules.

Parce que là, les dégâts sont doubles. Il y a d’abord les consommateurs, à qui l’on propose des produits de plus en plus puissants alors qu’on manque parfois énormément de recul.

Et derrière, il y a les dégâts causés à toute la filière, notamment à ceux qui essaient justement de travailler proprement, avec des produits naturels, des producteurs identifiés, des analyses et une vraie sélection. Quand un problème arrive avec une nouvelle molécule vendue sous l’étiquette générale du « CBD », ce n’est pas seulement celui qui l’a vendue qui en subit les conséquences en termes d’image. C’est toute la profession qui prend.

Et c’est probablement ce qui m’agace le plus. Parce qu’on a aujourd’hui en France des producteurs qui font un travail exceptionnel autour du chanvre, des artisans passionnés et des boutiques qui essaient depuis des années de professionnaliser cette filière. Je trouve dommage de voir tout ce travail fragilisé par une course au chiffre d’affaires et au produit toujours plus psychotrope. Finalement, la difficulté de ce métier n’est presque plus de vendre du CBD.

C’est de réussir à construire quelque chose de sérieux et durable au milieu d’un marché qui, réglementairement et commercialement, change constamment sous nos pieds.

Comment faites-vous face à la concurrence des grandes enseignes, des sites Internet et des prix parfois extrêmement bas proposés en ligne ?

Honnêtement, je ne les ai jamais vraiment considérés comme des concurrents.

Les sites Internet qui cassent les prix avec des produits à des tarifs complètement improbables, soit ils ont découvert une formule magique que je ne connais pas encore… soit forcément, quelque part, on ne vend pas la même chose. Et les grandes enseignes, je connais aussi puisque j’en viens. J’ai commencé sous franchise, donc je connais ce modèle, son fonctionnement et le type de sélection qu’on peut y retrouver.

Ça ne me fait donc pas particulièrement peur, parce que je considère qu’aujourd’hui on ne joue simplement plus dans la même catégorie. Pour moi, les grandes enseignes et certains gros sites Internet sont un peu les supermarchés du CBD. Et je ne dis même pas ça forcément de manière péjorative : un supermarché répond à une demande. Il faut beaucoup de références, des volumes, des prix, des promotions, quelque chose de standardisé et reproductible.

Moi, j’essaie plutôt d’être le caviste. Je préfère avoir une sélection plus courte, connaître mes producteurs, avoir goûté mes produits, savoir comment ils ont été cultivés ou fabriqués et être capable d’expliquer pourquoi j’ai choisi cette fleur plutôt qu’une autre. Quand quelqu’un vient chez moi, il ne vient donc pas forcément chercher le gramme le moins cher d’Internet. S’il cherche uniquement ça, de toute façon, je ne gagnerai jamais cette bataille et je n’ai aucune envie de la mener.

Il vient chercher une sélection, un conseil, la possibilité de voir et sentir les produits, de prendre un gramme pour découvrir une variété, de revenir me dire ce qu’il en a pensé et d’être orienté ensuite vers autre chose. C’est exactement comme pour le vin : un caviste indépendant ne va pas passer ses journées à trembler parce qu’un hypermarché fait une promotion sur une palette de bouteilles. Il essaie de proposer autre chose.

C’est exactement comme ça que je vois Flamme Kush. Je ne veux pas être le supermarché du CBD. Je préfère largement en être le caviste.

Les réseaux sociaux sont devenus particulièrement restrictifs avec les contenus liés au chanvre. Cela complique-t-il votre communication et votre visibilité ?

Alors, il faut déjà savoir que je suis un enfant des années 80. J’ai connu le monde avant les réseaux sociaux, je les ai vus arriver et j’ai aussi vu certaines des dérives qu’ils ont engendrées. Donc j’ai probablement un rapport un peu particulier avec tout ça. Je crois d’ailleurs que mes deux comptes sont restreints à l’heure actuelle.

Visiblement, parler de chanvre et montrer des fleurs ne fait pas toujours très plaisir aux algorithmes ! (rires)

Mais très honnêtement… je m’en cogne un peu. Évidemment que les réseaux sociaux peuvent être utiles. Ça permet de montrer un nouvel arrivage, le travail d’un producteur, une collaboration, de donner quelques nouvelles de la boutique…

Je ne vais pas prétendre que ça ne sert à rien.

Mais pour moi, ça reste le petit plus. Ce n’est pas le cœur de Flamme Kush. Ma communication principale, elle se fait dans ma boutique. Elle se fait quand quelqu’un pousse la porte, qu’on discute d’une nouvelle fleur, que je lui raconte qui l’a cultivée, qu’il revient quelques jours plus tard me dire ce qu’il en a pensé.

Elle se fait aussi entre les clients, par le bouche-à-oreille et par les gens qui parlent de la boutique autour d’eux. Et finalement, ça rejoint complètement ma vision du commerce depuis le départ : je préfère une vraie discussion avec quelqu’un devant moi à mille vues sur une publication. Alors oui, les restrictions sur les réseaux sociaux sont pénibles et parfois complètement absurdes pour notre secteur. Mais je refuse de construire mon activité autour d’un algorithme qui peut décider du jour au lendemain que mon contenu ne doit plus être visible.

Flamme Kush est une boutique physique et ma vraie communauté, elle passe la porte. Instagram et les autres, c’est du bonus.

Le gérant de Flamme Kush accueille sa communauté dans sa boutique physique, tandis que les réseaux sociaux restent secondaires

À l’inverse, quelle est la partie la plus gratifiante de votre métier ?

Ça, c’est facile : le retour des clients. Et je ne dis pas ça pour faire la belle réponse d’interview du commerçant qui aime ses clients. C’est vraiment quelque chose qui compte énormément pour moi. Comme tout le monde, j’ai parfois des moments de doute, des petits coups de déprime, des périodes où je suis un peu down.

Il y a des jours où tu te demandes si tu fais les bons choix, si ça vaut vraiment le coup de te battre autant pour certaines convictions, si les gens voient seulement tout le travail qu’il y a derrière. Et dans ces moments-là, j’ai un truc assez simple : je vais lire mes avis Google. Ça peut paraître un peu con dit comme ça, mais ça me remet souvent les idées en place. Parce qu’au milieu des avis, il y a des gens qui ont réellement compris l’essence même de ce que j’essaie de faire avec Flamme Kush.

Ils ne parlent pas simplement d’une bonne fleur ou d’un bon prix. Ils parlent de l’accueil, du conseil, de la sélection, du temps passé à discuter, de la confiance… Et parfois, ils arrivent à mettre des mots exactement sur ce que j’essaie de construire depuis le début. Et je peux vous dire que ce sont probablement les rares moments dans ce métier où je peux avoir les larmes aux yeux.

Parce que là, la gratification est immédiate. Tu peux faire des chiffres, avoir une bonne journée de ventes, rentrer un produit dont tu es fier… évidemment que ça fait plaisir. Mais quand quelqu’un prend cinq minutes de son temps pour écrire quelques lignes et que tu réalises qu’il a parfaitement compris pourquoi tu fais les choses comme ça, ça touche à un tout autre endroit. C’est probablement aussi ce qui me permet, dans les périodes plus compliquées, de me rappeler pourquoi je continue à défendre cette manière de travailler.

Au fond, je suis passé d’un métier passion à un autre. Et dans un métier passion, forcément, on met aussi un petit bout de soi dedans. Alors quand quelqu’un le voit et prend le temps de te le dire… Oui, là, c’est vraiment gratifiant.

Quel avenir pour les boutiques CBD et le chanvre français ?

Les réponses suivantes abordent les incertitudes qui pèsent sur les commerces spécialisés, l’encadrement du marché et les évolutions attendues par les professionnels.

Pour approfondir ces sujets, le forum rassemble ses dossiers dans la rubrique Légalité et réglementation du CBD.

Quel regard portez-vous sur l’évolution de la qualité des fleurs et des résines proposées en France ces dernières années ?

Alors là, pour moi, l’évolution des fleurs françaises ces trois ou quatre dernières années est juste incroyable. Quand j’ai commencé, soyons honnêtes, la fleur française que l’on trouvait provenait principalement de cultures en extérieur, avec une qualité assez aléatoire. On avait régulièrement des fleurs pas forcément très belles, avec peu de saveurs, une aromatique assez légère… Bref, on était encore loin de ce qu’on pouvait trouver de mieux ailleurs.

Et en quelques années, le niveau a complètement changé. Aujourd’hui, je vois passer des productions françaises qui sont vraiment super qualitatives, avec de belles structures, des profils aromatiques beaucoup plus intéressants et surtout une vraie identité. On sent déjà que les génétiques se sont énormément améliorées. Les producteurs ont accès à de meilleures variétés, ils les connaissent mieux et commencent aussi à savoir lesquelles fonctionnent réellement dans leurs conditions de culture.

Mais je pense qu’il y a surtout quelque chose de très simple : ils ont pris de l’expérience. Une plante, ça ne s’apprend pas uniquement dans un bouquin ou en regardant trois vidéos. Il faut faire pousser, se planter, recommencer, tester une génétique, comprendre son environnement, améliorer son séchage, son affinage…

Et forcément, après plusieurs années, tout ce savoir-faire commence vraiment à se retrouver dans le produit final.

C’est aussi ce qui est passionnant quand on travaille directement avec les producteurs : on voit leur évolution récolte après récolte. Il y en a chez qui tu goûtes une nouvelle production et tu te dis : « OK… là, il s’est passé quelque chose depuis la dernière ! »

Et aujourd’hui, je peux réellement construire la très grande majorité de ma sélection avec des producteurs d’ici sans avoir l’impression de faire un compromis sur la qualité.

Au contraire, certaines fleurs françaises sont devenues celles que je suis le plus fier de mettre dans mes bocaux. Et je pense qu’on est encore loin d’avoir atteint le plafond. Si l’évolution des trois ou quatre prochaines années ressemble à celle qu’on vient de connaître, ça promet quand même de sacrées choses.

Pensez-vous que le marché français est aujourd’hui suffisamment encadré pour protéger les consommateurs et les professionnels sérieux ?

Non. Aujourd’hui, c’est encore beaucoup trop la foire aux saucisses. Je vais probablement être assez dur avec une partie de la filière, mais ça fait plus de cinq ans que je suis dedans et il y a des choses que je trouve franchement inquiétantes. Aujourd’hui, j’ai encore l’impression que n’importe quel entrepreneur un peu foireux peut arriver sur le marché, trouver la molécule ou le produit à la mode, lui faire un joli packaging et le mettre entre les mains des consommateurs, avec parfois très peu de recul sur ce qu’il vend réellement.

Et derrière le mot « consommateur », il faut se rappeler qu’il y a de vraies personnes. Ça peut être une mère de famille qui doit reprendre sa voiture pour aller chercher ses enfants, comme ça peut être un jeune adulte de 18 ans qui va acheter un produit extrêmement puissant parce qu’il est vendu librement et qu’il suppose donc naturellement que tout est parfaitement maîtrisé. C’est là que, pour moi, il y a un vrai problème de responsabilité.

On a vu apparaître ces dernières années une succession de néocannabinoïdes et de molécules toujours plus psychotropes. Une molécule apparaît, elle se vend énormément, quelques mois plus tard elle est interdite, et une nouvelle prend sa place. On interdit une molécule et le marché en invente une autre. À quel moment on se demande réellement ce qu’on est en train de mettre dans les mains des gens ?

Et ce qui me dérange encore davantage, c’est que pendant ce temps-là, ceux qui essaient de travailler proprement doivent composer avec une réglementation parfois extrêmement contraignante, alors que d’autres arrivent à profiter des zones grises jusqu’à ce qu’elles soient refermées. Donc oui, je vais probablement être assez médisant envers une grosse partie de cette filière. Parce que pour moi, protéger le consommateur devrait passer avant la course au chiffre d’affaires.

Je ne demande pas qu’on nous laisse tout faire. Au contraire. Je voudrais un cadre clair, cohérent, réellement contrôlé et adapté à ce qui existe aujourd’hui sur le marché. Un cadre qui permette aux professionnels sérieux de travailler sereinement et qui empêche surtout que des produits dont on ne maîtrise pas suffisamment les risques se retrouvent vendus comme s’il s’agissait d’un paquet de chewing-gums.

Parce qu’à force de jouer avec les zones grises, ce n’est pas seulement l’image de quelques vendeurs qu’on abîme. C’est celle de toute la filière, de la plante et des gens qui essaient depuis des années de faire les choses correctement.

Quelles mesures vous sembleraient nécessaires pour assainir le secteur et mieux valoriser les boutiques qui travaillent avec transparence ?

Pour moi, la première mesure serait assez simple : l’interdiction des néocannabinoïdes et, plus largement, des fleurs transformées.

À un moment donné, il faut arrêter cinq minutes. Pourquoi est-ce qu’on aurait besoin de prendre une fleur pour ensuite vaporiser dessus des terpènes, ajouter des molécules ou essayer artificiellement de lui donner des caractéristiques qu’elle n’a pas naturellement ? Si la fleur est bonne, elle n’en a pas besoin.

Et si elle a besoin de tout ça pour devenir intéressante… peut-être qu’il fallait simplement faire une meilleure fleur au départ. C’est ce qui me frustre beaucoup dans l’évolution actuelle du marché. On a la chance d’être dans une filière encore relativement jeune, avec énormément de choses à construire. On pourrait justement profiter de cette période pour poser de bonnes bases dès le départ : de la transparence, de la traçabilité, des producteurs identifiés, de bonnes méthodes de culture, de vraies analyses et des produits les plus naturels possible.

On travaille quand même avec l’une des plus belles plantes du monde. Elle possède naturellement une richesse incroyable en génétiques, en cannabinoïdes, en terpènes, en goûts, en odeurs… Pourquoi est-ce qu’il faudrait absolument la transformer en sapin de Noël chimique pour réussir à la vendre ? Je préférerais qu’on valorise beaucoup plus le travail du producteur et la qualité naturelle du produit, plutôt que celui qui aura trouvé la prochaine molécule à pulvériser dessus.

Et je pense qu’un cadre clair dans ce sens permettrait aussi de remettre tout le monde sur un pied d’égalité. Les professionnels qui investissent du temps et de l’argent pour travailler proprement ne devraient pas se retrouver commercialement désavantagés face à ceux qui profitent de chaque nouvelle zone grise jusqu’à son interdiction.

Après, je suis certainement un peu utopiste. Mais puisqu’on est encore en train de construire cette filière, pourquoi est-ce qu’on ne pourrait pas essayer, pour une fois, de faire les choses sainement dès le début ?

Personnage de Flamme Kush devant une affiche street-art représentant la Statue de la Liberté, dans un décor rouge, orange et charbon

On a une plante extraordinaire, des producteurs français qui deviennent vraiment très bons et des consommateurs de plus en plus connaisseurs. On a déjà tout ce qu’il faut. Il faudrait peut-être simplement arrêter de vouloir rajouter des trucs dessus.

Comment voyez-vous l’avenir des commerces physiques spécialisés face aux incertitudes réglementaires et au développement de la vente en ligne ?

Honnêtement ? Au jour le jour. Comme depuis le début. Ça fait plus de cinq ans que je suis dans cette filière et s’il y a bien une chose que j’ai apprise, c’est qu’il est extrêmement compliqué de se projeter.

On est encore dans le flou sur tellement de sujets.

La réglementation évolue, des produits apparaissent puis disparaissent, des molécules sont autorisées puis interdites, certaines décisions peuvent remettre en question une partie du marché du jour au lendemain… Donc si je commence aujourd’hui à vous expliquer très sérieusement à quoi ressemblera le marché du CBD dans cinq ou dix ans, il y a de fortes chances que je raconte des conneries. (rires) J’ai donc appris à avancer autrement : je fais les choses bien aujourd’hui et je m’adapterai demain.

Concernant les boutiques physiques face à Internet, en revanche, je suis plutôt serein. Comme je le disais plus tôt, je ne pense pas qu’on fasse exactement le même métier. Internet sera toujours capable de proposer davantage de références, des promotions et des prix que je ne pourrai parfois jamais suivre. Mais Internet ne pourra pas faire sentir une fleur à quelqu’un, discuter vingt minutes avec lui, lui faire découvrir le travail d’un producteur ou se souvenir de ce qu’il avait apprécié la dernière fois.

C’est là que, selon moi, les vraies boutiques spécialisées auront toujours quelque chose à défendre. Après, est-ce que la réglementation nous permettra de continuer à le faire tranquillement ? Ça, c’est une autre question ! Pour l’instant, je continue donc exactement comme je le fais depuis le début : je sélectionne mes produits, je défends mes valeurs, j’ouvre la porte le matin et j’avance.

On verra bien ce qu’ils nous inventent demain. (rires)

Les projets de Flamme Kush et le mot de la fin

Quels sont vos projets ou vos prochaines ambitions pour Flamme Kush ?

Le projet que j’ai réellement sur le feu depuis quelques mois, c’est le site Internet de Flamme Kush. Il est déjà en réflexion depuis un moment, j’ai commencé à travailler dessus, puis je l’ai un peu mis en stand-by parce qu’entre la boutique, la sélection des produits et tout le reste, il faut aussi réussir à trouver du temps pour s’en occuper correctement. Et surtout, je n’ai pas envie de faire un site juste pour avoir un site.

Si je développe Flamme Kush sur Internet, j’aimerais réussir à y retranscrire autant que possible ce qui fait l’intérêt de la boutique physique : ma sélection, les producteurs, l’histoire des produits et le conseil. Évidemment, je ne pourrai jamais faire sentir une fleur à travers un écran, mais si quelqu’un invente ça, par contre, je prends ! (rires), mais je pense qu’on peut quand même faire autre chose qu’un simple catalogue avec une photo, un taux et un bouton « Ajouter au panier ».

J’aimerais notamment pouvoir mettre davantage en avant les producteurs avec lesquels je travaille, expliquer pourquoi j’ai choisi tel produit et donner aux gens un peu plus d’informations sur ce qu’ils achètent. Après, comme je le disais juste avant, j’ai appris à ne pas faire de grands plans à dix ans dans cette filière. Donc pour l’instant, le prochain vrai chantier, c’est le site. Il est un peu en sommeil, mais il n’est absolument pas abandonné.

Et le jour où il sortira, j’aimerais qu’on puisse se dire : « OK, ça, c’est bien Flamme Kush, mais sur Internet. » Pas devenir le prochain Amazon du CBD. Juste essayer de mettre le caviste en ligne.

Souhaitez-vous développer davantage de collaborations, de produits exclusifs ou de rencontres avec des producteurs et artisans ?

Oui, je suis toujours ouvert aux nouvelles opportunités.

Ça, ça n’a pas changé. Je ne cherche pas forcément à faire des collaborations juste pour pouvoir mettre deux logos sur un sachet et écrire « édition limitée ». Il faut que ça ait un intérêt, qu’il y ait un bon produit derrière et surtout une vraie rencontre humaine.

Comme je le dis depuis le début, le feeling avec les producteurs compte énormément dans ma manière de travailler. Donc forcément, je reste toujours curieux de découvrir de nouvelles personnes, de nouvelles méthodes de travail, de nouvelles génétiques ou de nouveaux produits. Pour les rencontres, je vais notamment chaque année à la CannAgri. C’est quand même devenu un très bon vivier pour la filière : on peut y retrouver des producteurs, des artisans, discuter directement avec eux, découvrir ce qu’ils font et parfois créer des relations qui continuent bien après le salon.

Et c’est souvent comme ça que je préfère travailler. Une discussion, tu goûtes un produit, tu accroches avec la personne derrière… et quelques mois plus tard, tu te retrouves avec ses fleurs dans tes bocaux. Après, je ne me fixe pas forcément un objectif du genre « cette année, il me faut cinq nouvelles collaborations ». Si je rencontre quelqu’un dont j’aime le travail et avec qui humainement ça fonctionne, la porte est grande ouverte.

Mais comme pour tout le reste chez Flamme Kush, je préfère une collaboration qui arrive naturellement parce qu’elle a du sens plutôt qu’une collaboration montée uniquement pour faire de la communication. Les meilleures opportunités, jusqu’ici, sont souvent venues d’une bonne rencontre autour d’un bon produit.

Si vous deviez résumer l’identité de Flamme Kush en trois mots, lesquels choisiriez-vous ?

Qualité. Conseil. Passion. La qualité, parce que c’est la base de toute ma sélection et que je préfère ne pas avoir un produit plutôt que de faire un compromis dessus.

Le conseil, parce que c’est toute la différence entre simplement vendre du CBD et essayer d’être réellement spécialiste de ce qu’on propose. Et la passion, parce que finalement, elle est derrière tout le reste. Elle était déjà là quand j’étais régisseur son et elle est toujours là aujourd’hui avec le chanvre. Comme je le disais au début : je suis passé du son au chanvre, mais surtout d’un métier passion à un autre.

Quel message aimeriez-vous adresser aux personnes de Colmar et des environs qui hésitent encore à franchir la porte de votre boutique ?

Honnêtement, je ne leur dirais pas grand-chose. Je laisserais plutôt leur entourage leur parler de moi. Depuis le début, Flamme Kush s’est énormément construit grâce au bouche-à-oreille. Quelqu’un vient à la boutique, il est content de ce qu’il trouve, de la sélection ou du conseil, il en parle à un ami, à un collègue, à quelqu’un de sa famille… et cette personne finit un jour par pousser la porte à son tour.

Et finalement, c’est la meilleure publicité que je puisse avoir. Je pourrais évidemment vous faire le grand discours commercial en expliquant pourquoi il faut absolument venir chez Flamme Kush, pourquoi mes produits sont formidables et pourquoi ma boutique est différente des autres… Mais après toute cette interview, vous aurez probablement compris que ce n’est pas vraiment mon truc. (rires) Je préfère qu’un client dise à quelqu’un : « Va le voir, discute avec lui et tu comprendras. » Parce que cette recommandation-là vaut beaucoup plus pour moi que n’importe quelle publication sponsorisée ou n’importe quel slogan.

Personnage de Flamme Kush portant le logo de la boutique sur son tee-shirt, devant un fond street-art orange, rouge et charbon

Ça fait plus de cinq ans que je fonctionne comme ça et, jusqu’ici, le bouche-à-oreille m’a plutôt bien réussi. Donc à ceux qui hésitent encore à franchir la porte, je ne vais pas essayer de les convaincre. Demandez plutôt à quelqu’un qui l’a déjà franchie.

Pour terminer, où peut-on retrouver Flamme Kush et suivre vos actualités ?

Le plus simple pour me retrouver, ça reste encore de pousser la porte de la boutique ! Je suis au 27 rue Kléber à Colmar, et j’y suis six jours sur sept. Donc si vous voulez découvrir Flamme Kush comme je l’ai raconté pendant toute cette interview, le mieux reste de venir directement : voir les produits, les sentir, discuter et prendre le temps. Parce qu’après toutes ces questions, vous l’aurez compris : je suis quand même beaucoup plus à l’aise derrière mon comptoir que derrière un écran ! (rires) Sinon, on peut évidemment suivre Flamme Kush sur Instagram et Facebook, où je partage notamment les nouveautés, les arrivages et un peu de la vie de la boutique.

Et puis il y a le futur site Internet, qui est dans les tuyaux.

Je vais éviter de dire « bientôt », parce qu’après on va venir me réclamer une date ! (rires) Disons donc simplement : un site Internet est en préparation. Mais en attendant, pour me trouver, la méthode la plus fiable reste très simple : 27 rue Kléber à Colmar. Vous poussez la porte, normalement je ne suis pas très loin derrière.

Où trouver et suivre Flamme Kush à Colmar ?

Pour découvrir la sélection de Flamme Kush, échanger autour des produits ou bénéficier de conseils directement en boutique, endez-vous au 27 rue Kléber, 68000 Colmar.

Suivre Flamme Kush sur Facebook
Suivre Flamme Kush sur Instagram

Un site Internet est également en préparation. En attendant sa mise en ligne, la boutique physique et les réseaux sociaux restent les meilleurs moyens de découvrir les nouveautés, les arrivages et les producteurs mis en avant par Flamme Kush.

Montage d’affiches illustrées de l’univers Flamme Kush intégrées dans un décor street-art rouge, orange et charbon

FAQ sur Flamme Kush à Colmar

Où se trouve la boutique Flamme Kush à Colmar ?

Flamme Kush est située au 27 rue Kléber, 68000 Colmar. Cette boutique indépendante, installée à cette adresse depuis avril 2021, privilégie le commerce de proximité, le conseil et le contact direct avec les clients.

Pourquoi Flamme Kush se présente-t-elle comme un « caviste du CBD » ?

La boutique préfère proposer une sélection limitée et soigneusement choisie plutôt qu’un catalogue composé de centaines de références. Les fleurs et les résines sont comparées et testées avant d’être retenues, afin de pouvoir expliquer leur origine, leur profil et les raisons de leur présence en boutique.

Flamme Kush privilégie-t-elle les producteurs français ?

Oui. Flamme Kush accorde une place importante aux fleurs, résines et produits issus de producteurs et d’artisans français. Cette démarche permet de mieux connaître l’origine des produits, les méthodes de travail employées et les personnes qui se trouvent derrière chaque production.

Peut-on venir chez Flamme Kush sans connaître le CBD ?

Oui. L’accompagnement des personnes qui découvrent le CBD fait pleinement partie du rôle de la boutique. Le conseil commence par une discussion permettant de comprendre les attentes, les habitudes et les éventuelles appréhensions du client, sans discours miracle ni recherche systématique du produit le plus puissant.

Pourquoi Flamme Kush refuse-t-elle les néocannabinoïdes ?

Flamme Kush défend une approche centrée sur le chanvre naturel et refuse les molécules fortement psychotropes ainsi que les fleurs artificiellement transformées ou enrichies. La boutique privilégie la traçabilité, la qualité naturelle du produit et l’information du consommateur.

Peut-on voir et sentir les fleurs et les résines avant de choisir ?

La boutique physique permet d’observer les produits, de découvrir leurs caractéristiques aromatiques et d’échanger directement avec le commerçant. Cette proximité aide également à tester de petites quantités avant de choisir les références correspondant réellement à ses préférences.

Peut-on conduire après avoir consommé du CBD ?

La consommation d’un produit légal contenant des traces de THC peut entraîner un résultat positif lors d’un dépistage routier. Il est donc préférable de ne pas conduire après avoir consommé du CBD. Pour approfondir ce sujet, consultez notre dossier consacré au CBD et à la conduite en France.

Flamme Kush possède-t-elle une boutique en ligne ?

Un site Internet est en préparation, mais Flamme Kush reste actuellement centrée sur son commerce physique. L’objectif du futur site sera de conserver l’esprit de la boutique : une sélection expliquée, des producteurs mis en avant et davantage de conseils qu’un simple catalogue en ligne.

Où suivre les actualités de Flamme Kush ?

Les nouveautés, les arrivages et la vie de la boutique sont partagés sur Instagram et sur Facebook. Il est également possible de découvrir directement l’univers Flamme Kush en se rendant au 27 rue Kléber à Colmar.

Et vous, qu’attendez-vous réellement d’une boutique CBD ?

Cette interview pose une question qui dépasse le seul cas de Flamme Kush : qu’est-ce qui fait aujourd’hui la valeur d’une véritable boutique spécialisée ?

La quantité de références, les prix et les promotions comptent, mais ils ne remplacent pas nécessairement la traçabilité, la connaissance des producteurs, la sélection des produits et la responsabilité du conseil.

Si vous fréquentez une boutique physique, dites-nous ce qui vous donne confiance — ou, au contraire, ce qui vous fait repartir. Vos expériences peuvent aider les consommateurs à mieux choisir leurs produits, mais aussi les professionnels sérieux à mieux comprendre ce que leur clientèle attend réellement.

La discussion est ouverte dans les commentaires : pas pour distribuer les bons et les mauvais points, mais pour identifier ce qui distingue encore un spécialiste du CBD d’un simple vendeur de références.

💬 1 Réponse

Soyez le premier à réagir à ce topic.

Ajouter ma réponse