Questions / Réponses avec Jean-Marie Moëllo – CBD breton & Breizh Marie Jeanne
CBD breton : direction le Morbihan, chez Jean-Marie Moëllo de Breizh Marie Jeanne.
Pas de crêpes ni de galettes au programme cette fois… mais une immersion dans le parcours et la vision d’un chanvrier breton bien ancré dans son sol.
À travers ses réponses, on découvre un producteur qui parle vrai, entre terrain, vivant et réalité d’une filière qui avance encore à tâtons.

🌿 Échange avec un chanvrier breton
1. Peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?
Jean-Marie Moëllo, 40 ans, producteur de chanvre à fleurs et fondateur de Breizh Marie-Jeanne depuis 2021 dans le Morbihan. Avant tout ça, j’ai travaillé pendant une quinzaine d’années dans les travaux publics en faisant le tour de ses différents métiers : réalisation d’enrobé chez les particuliers, enfouissement de réseaux, maçonnerie, carrière, conduite d’engins et poids lourds…
Bref, après 15 ans, c’est une retraite bien méritée ^^
2. Qu’est-ce qui t’a poussé à te lancer dans le chanvre ?
Je ressentais le besoin de travailler pour moi et d’arrêter de faire pour les autres (j’avoue avoir un souci avec l’autorité ^^), mais aussi cette envie de reconversion / reconnexion dans ce qui touche à la nature, au vivant…
J’ai donc commencé en 2019 une formation sur la culture du chanvre, plante qui évidemment ne m’était pas indifférente.
3. Selon toi, y a-t-il une spécificité du CBD breton ?
Je dirais que si c’est breton, c’est forcément bon ! ^^
Plus sérieusement, je n’en sais rien, il faudrait pour cela faire un comparatif des productions par région…
4. Quelle est ta philosophie de culture ?
Ma vision et façon de procéder se fait dans le respect de la nature d’une manière générale.
Je fais tout pour que la vie soit prospère, que ce soit au niveau du sol qui n’est pas travaillé de façon mécanique, où j’apporte différents amendements et engrais naturels (paillage, broyat de végétaux fait sur place, fumier local, différents purins maison, guano de vers de farine…) pour justement nourrir tous les lombrics et autres insectes qui vont décomposer cette matière, qui va ensuite nourrir les micro-organismes et les plantes au final.
Du côté de la faune sauvage, avec la mise en place de nichoirs à mésanges, création de haies, zones en friche… pour la régulation des insectes prédateurs comme les chenilles, pucerons, escargots…
Et aussi, c’est un vrai bonheur quand ça cuicuite ^^, j’adore observer toute cette vie, je ne m’en lasserai jamais.
5. Comment gères-tu les contraintes climatiques et les maladies ?
On s’adapte en faisant des erreurs, je dirais, sans oublier que les années se suivent mais ne se ressemblent pas, donc il faut constamment remettre en question sa façon de faire pour s’adapter au mieux.
Le premier critère est pour moi le choix génétique, car d’un breeder à l’autre il peut y avoir de grosses différences sur la résistance aux maladies cryptogamiques, carences, précocité…
Pour éviter au maximum les problèmes liés aux maladies et moisissures, j’applique en amont du mycélium de trichoderma, même si ça ne règle pas tous ces problèmes, ça les réduit fortement, et aussi des pulvérisations de propolis au besoin.

➡️ 🌱 Un sol vivant, riche en lombrics, au cœur de la philosophie de culture de Breizh Marie Jeanne.
6. Quelle importance accordes-tu au séchage et à la manucure ?
J’apporte autant de soin à ces étapes-là qu’à la culture en elle-même, puisqu’un mauvais séchage peut drastiquement faire baisser la qualité finale du produit et une manucure bien réalisée rend les fleurs plus attrayantes.
7. Une variété qui t’a marqué ?
La Skunk Jam est la première variété avec laquelle j’ai concouru à la France Cannabis Cup, où par chance j’ai terminé 1er, mais c’est aussi la première génétique avec des taux records de CBC (cannabichromène) de plus de 4%, ce qui est remarquable par rapport aux analyses que j’ai pu faire sur les autres variétés.

➡️ La Skunk Jam, une génétique marquante récompensée lors de la France Cannabis Cup.
Génétique signée par High Alpine Genetics, reconnu pour la qualité de ses sélections.
8. Comment choisis-tu tes variétés ?
Le choix variétal est une étape importante et ce n’est pas toujours aisé, car il y a plusieurs critères à prendre en compte : sa résistance aux différentes maladies comme le botrytis, qui peut vite impacter les rendements si la météo n’est pas adaptée sur la fin de floraison, mais aussi le profil terpénique, car ce n’est pas le tout de produire, il faut également que les arômes soient recherchés par la clientèle.
Donc d’une manière générale, il faut faire des essais pour trouver ce qui nous convient le mieux et de la sélection pour isoler les meilleurs génotypes, chose que je ne fais pas malheureusement pour l’instant.
9. Ton regard sur l’extraction et la transformation ?
L’extraction et la transformation sont des choses qui me passionnent. C’est toujours intéressant de partir d’une matière brute et de récupérer la quintessence de celle-ci, que ce soit pour la consommation directe ou à vocation de transformation.
Il faut bien comprendre qu’une fleur de cannabis concentre environ 5% à 15% de son poids en trichomes, ce qui veut dire que les 95% à 85% restants sont de la matière végétale sans grand intérêt.
Vive la “Jean Jean résine” !!! ^^
10. Comment vois-tu l’évolution du marché et de la réglementation ?
Tout dépend de quelle évolution on parle…
Du côté cultivars / génétique, il y a eu un progrès énorme quand on voit ce qui se faisait en 2020 avec la fameuse Kompolti féminisée… aujourd’hui il y en a beaucoup plus et les breeders se sont adaptés au marché du cannabis bien-être.
Du côté cadre réglementaire, c’est une autre histoire… la filière reste floue, largement dominée par les importations, avec une forte présence des néocannabinoïdes dans les ventes.
Entre les problèmes de tests salivaires, le taux de THC inadapté aux fleurs finies, les incertitudes fiscales et le blocage du Novel Food, on comprend bien la nécessité d’un cadre clair et cohérent pour structurer la filière française.

➡️ 🌿 Une culture outdoor vivante, entre biodiversité, sol naturel et équilibre du vivant.
11. Quelle place accordes-tu au retour des consommateurs ?
Pour savoir si on ne fait pas fausse route, il faut bien évidemment s’attarder sur le ressenti des consommateurs, car les goûts et les préférences varient d’une personne à une autre.
Il faut donc pouvoir proposer un panel de profils différents.
12. La Bretagne a-t-elle une carte à jouer dans le CBD ?
Bien évidemment, au même titre que les autres régions de France qui est le pays des terroirs, la Bretagne a sa carte à jouer avec son climat tempéré, où les canicules sont plus modérées que dans le sud.
13. Quels sont tes projets à venir ?
Des projets, il y en a, mais avant tout il nous faudrait un cadre clair et adapté pour pouvoir les réaliser sereinement.
Aujourd’hui, certains freins obligent à sortir du cadre si on veut avancer.
14. Un mot pour la communauté Forum CBD ?
Dans la communauté Forum CBD, il y a les consommateurs, qui ont bien compris l’intérêt de consommer français et que je ne peux que féliciter.
Et il y a aussi les producteurs, auxquels je souhaite beaucoup de courage pour mener à bien leurs projets.
C’est à nous de faire évoluer cette filière et de ne pas laisser les règles être dictées uniquement par des visions économiques.

➡️ 🌿 De la culture au produit fini, un CBD breton ancré dans le vivant et le terroir.
📝 Conclusion – Mon Ika
Ce qui ressort de cet échange avec Jean-Marie Moëllo, c’est avant tout une approche sincère et ancrée dans le réel. Ici, pas de discours formaté ni de promesses marketing, mais une vision du CBD breton construite autour du vivant, du sol et de l’observation.
Dans le Morbihan, Breizh Marie Jeanne s’inscrit dans une logique où la culture du chanvre ne se résume pas à produire, mais à accompagner un écosystème. Sol vivant, biodiversité, choix génétique réfléchi… chaque étape semble pensée pour laisser la nature faire sa part, sans la brusquer.
On comprend aussi que derrière cette passion, il y a une réalité de terrain plus complexe. Entre contraintes climatiques, sélection variétale et cadre réglementaire encore flou, le quotidien d’un chanvrier français demande adaptation et remise en question permanente.
La Skunk Jam, avec son passage remarqué à la France Cannabis Cup, illustre bien cette recherche d’équilibre entre performance, profil aromatique et identité. Un travail qui ne se limite pas à la culture, mais qui se prolonge jusque dans l’extraction et la transformation, avec cette volonté d’aller chercher la quintessence de la plante.
Mais au-delà des variétés et des techniques, c’est surtout une filière en construction qui se dessine. Entre importations massives, montée des néocannabinoïdes et incertitudes légales, la place des producteurs français reste fragile, malgré un réel savoir-faire.
Et pourtant, il y a une dynamique. Une envie de faire les choses proprement, de proposer un CBD breton cohérent avec son terroir, et de construire un modèle qui tienne dans le temps.
👉 Au final, cet échange met en lumière une chose simple :
le CBD français, et breton en particulier, ne manque pas de passion ni de compétences… mais surtout d’un cadre clair pour avancer sereinement.
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