By Hollyweed
Accueil Forum 👨‍🌾 Chanvriers Français Rencontre avec Marc : La Fleur Vendéenne, entre passion du chanvre et réalité du métier
👨‍🌾 Chanvriers Français 📌 Officiel

Rencontre avec Marc : La Fleur Vendéenne, entre passion du chanvre et réalité du métier

M

MonIka

Contributeur officiel

21 min de lecture 0 réponses

Rencontre avec Marc : La Fleur Vendéenne, entre passion du chanvre et réalité du métier

Derrière chaque exploitation chanvrière se trouvent un parcours, des convictions, des heures de travail et une réalité que les consommateurs ne perçoivent pas toujours. Pour cette nouvelle rencontre, le Forum CBD by Hollyweed prend la direction de la Vendée afin de donner la parole à Marc, créateur de La Fleur Vendéenne.

Fils d’agriculteur et issu du milieu de la mécanique automobile, Marc s’est lancé dans la culture du chanvre avec l’envie de produire localement et de maîtriser chaque étape, de la plante jusqu’à la commercialisation. Pendant deux années, il a cultivé, expérimenté, sélectionné différentes génétiques et développé une production artisanale profondément attachée à son territoire.

Dans cet entretien, Marc revient avec sincérité sur son parcours, ses méthodes de culture indoor et outdoor, l’importance du séchage et de l’affinage, mais aussi sur les difficultés économiques et réglementaires auxquelles sont confrontés les petits producteurs français. Une rencontre sans discours formaté, qui permet de mieux comprendre ce qui se cache réellement derrière une fleur cultivée en France.

Marc, créateur de La Fleur Vendéenne, travaille sur ses plants de chanvre dans sa culture indoor, avec une fleur violette au premier plan.

Parcours et identité

Bonjour Marc. Pour commencer, peux-tu te présenter aux membres du Forum CBD by Hollyweed et nous raconter ton parcours avant la création de La Fleur Vendéenne ?

Bonjour à tous. Moi, c’est Marc, je suis installé en Vendée et je suis le créateur de La Fleur Vendéenne.

À la base, mon parcours professionnel est assez éloigné du monde du chanvre. Je viens principalement du milieu de la mécanique automobile, dans lequel j’ai travaillé pendant de nombreuses années, en passant par différents postes : mécanicien, technicien, réception et gestion d’atelier.

J’ai toujours aimé le travail manuel, la technique et surtout comprendre comment les choses fonctionnent. Finalement, je retrouve beaucoup de cela dans la culture : observer, comprendre, essayer, se remettre en question et améliorer constamment sa façon de travailler.

La Fleur Vendéenne a été pour moi une véritable aventure entrepreneuriale et humaine, avec énormément d’apprentissage sur le terrain.

Comment est née l’idée de devenir chanvrier et de créer ta propre exploitation en Vendée ?

L’idée est née progressivement, d’abord par curiosité pour cette plante et pour tout ce qu’il était possible de faire autour du chanvre.

J’ai commencé à m’intéresser aux méthodes de culture, aux génétiques et surtout à la possibilité de produire quelque chose localement, avec une vraie maîtrise du produit, du départ jusqu’à la commercialisation.

Je ne voulais pas simplement acheter et revendre des fleurs. Ce qui m’intéressait était justement de devenir producteur, de partir de la plante et d’essayer de maîtriser toute la chaîne, mais également de faire perdurer un monde agricole dans lequel j’ai toujours vécu, étant fils d’agriculteur.

Petit à petit, les premiers essais sont devenus un véritable projet professionnel et c’est comme cela qu’est née La Fleur Vendéenne.

Pourquoi avoir choisi le nom « La Fleur Vendéenne » ? Était-il important pour toi d’affirmer dès le départ ton ancrage territorial ?

Oui, clairement. Je voulais un nom simple, facile à retenir et qui dise immédiatement d’où venait le produit. La Fleur Vendéenne, c’était finalement une évidence.

Je suis attaché à la Vendée et je voulais que l’entreprise ait une véritable identité locale. Quand quelqu’un achetait une de mes fleurs, je voulais qu’il sache qu’il y avait derrière un producteur français, une exploitation et un travail réalisé ici.

Cet ancrage local a toujours été important dans le projet.

Te souviens-tu de ta toute première culture de chanvre ? Quelles difficultés ou surprises as-tu rencontrées à tes débuts ?

Oui, forcément ! Quand on commence, on pense avoir beaucoup appris en lisant, en regardant ce que font les autres ou en préparant son installation. Mais dès qu’on met réellement les mains dedans, on comprend que la plante nous apprend énormément de choses.

Les premières difficultés ont été de comprendre ses besoins, l’irrigation, le climat, les carences, les excès et surtout le fait que deux génétiques peuvent réagir complètement différemment dans les mêmes conditions.

J’ai fait des erreurs, comme tout le monde. Mais ce sont justement ces erreurs qui m’ont le plus appris.

Une culture n’est jamais totalement acquise. Chaque cycle apporte son lot de surprises.

Sur ton site, tu présentes La Fleur Vendéenne comme une entreprise familiale. Qui participe aujourd’hui à cette aventure et comment les rôles sont-ils répartis ?

Même si je suis celui qui gère principalement l’exploitation et la production, La Fleur Vendéenne a toujours eu une dimension familiale.

Une activité comme celle-ci prend énormément de temps. Il y a la culture, évidemment, mais aussi les récoltes, la manucure, le conditionnement, les commandes, les marchés, les livraisons et toute la partie administrative.

Ma famille m’a accompagné et soutenu dans cette aventure, parfois directement et parfois simplement en acceptant les contraintes qu’impose une exploitation.

C’est aussi pour cela que j’ai toujours parlé d’une aventure familiale : derrière le producteur, il y a forcément des personnes qui vivent également le projet.

━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━

Culture et terroir

Tu produis des fleurs en indoor et en outdoor. Qu’est-ce qui t’intéresse dans chacune de ces deux méthodes de culture ?

Ce sont pour moi deux façons très différentes de travailler la même plante.

En outdoor, j’aime le côté naturel : la plante est confrontée au climat, au sol, aux saisons et à son environnement. On accompagne davantage la plante que l’on ne maîtrise totalement ce qui l’entoure.

L’indoor, au contraire, permet d’aller beaucoup plus loin dans la maîtrise des paramètres. Lumière, température, humidité, irrigation, ventilation… tout peut être travaillé et ajusté.

J’aime justement cette technicité. On peut essayer de tirer le meilleur d’une génétique en contrôlant précisément son environnement.

Mais l’outdoor possède quelque chose que l’indoor ne reproduira jamais totalement : le rapport direct à la terre et aux conditions naturelles.

floraison d'une outdoor de fleur vendenne

Selon toi, le terroir vendéen apporte-t-il une identité particulière à tes cultures outdoor, notamment sur le développement des plantes et leurs profils aromatiques ?

Oui, je pense que l’environnement joue forcément un rôle.

En Vendée, nous avons un climat avec beaucoup de lumière, mais aussi une influence océanique et parfois une humidité importante. Il faut donc choisir des génétiques capables de s’adapter à ces conditions.

Le terroir ne fait pas tout : la génétique, le sol, la nutrition, le moment de la récolte et le séchage jouent énormément.

Mais une plante cultivée naturellement dehors est forcément influencée par l’endroit dans lequel elle pousse. C’est aussi cela qui donne de l’intérêt à une production locale.

Pour tes cultures indoor, quels sont les paramètres qui demandent le plus d’attention au quotidien : la lumière, la température, l’humidité, l’irrigation ou encore la circulation de l’air ?

En réalité : tous, parce qu’ils sont liés les uns aux autres.

On peut avoir un excellent éclairage, si la température ou l’humidité ne sont pas adaptées, la plante ne donnera pas son potentiel. Pareil pour l’irrigation : trop ou pas assez, et on peut rapidement déséquilibrer une culture.

Personnellement, je surveille énormément le climat, particulièrement l’humidité et la température, ainsi que l’irrigation.

La circulation de l’air est également essentielle, surtout lorsque les plantes prennent du volume.

L’indoor demande donc une surveillance quasiment quotidienne. C’est justement ce qui rend cette méthode passionnante, mais également très exigeante.

culture indoor de la fleur vendeenne

Quelle place accordes-tu au sol et à la vie microbienne dans ta manière de cultiver ? Utilises-tu une méthode ou des amendements particuliers ?

Le substrat est la base du développement de la plante, donc forcément, je lui accorde beaucoup d’importance.

J’ai travaillé avec des terreaux professionnels et une fertilisation adaptée aux différentes phases de la plante. Mon objectif n’a jamais été de pousser les plantes au maximum simplement pour rechercher du rendement.

J’essaie plutôt d’observer leur réaction et d’adapter progressivement la nutrition et l’irrigation.

Avec l’expérience, j’ai appris qu’en culture, vouloir en donner toujours plus n’apporte pas forcément un meilleur résultat. Il faut surtout réussir à trouver l’équilibre.

Comment sélectionnes-tu les génétiques que tu souhaites cultiver ? Recherches-tu d’abord les arômes, la structure de la plante, son adaptation à ton environnement ou son profil cannabinoïde ?

Je regarde plusieurs critères.

Évidemment, les arômes sont très importants puisque c’est ce que le consommateur va découvrir en premier. Mais je regarde également la structure de la plante, sa vigueur, son rendement, son comportement en culture et sa résistance.

Une génétique extraordinaire sur le papier, mais qui ne s’adapte pas à mon environnement, n’a pas forcément d’intérêt.

J’aime également essayer des génétiques moins courantes. L’objectif était justement de pouvoir proposer autre chose que les quelques noms que l’on retrouve partout sur le marché.

apercu de quatre macros de la fleur vendenne

Ton site évoque des « variétés uniques, jamais figées ». Que signifie exactement cette expression et quelle place l’expérimentation occupe-t-elle dans ton travail ?

Cela signifie simplement que je n’ai jamais voulu avoir un catalogue complètement figé.

J’aime tester, comparer et découvrir de nouvelles génétiques. Certaines vont rester parce qu’elles donnent quelque chose de vraiment intéressant, d’autres vont disparaître après un ou deux essais.

L’expérimentation fait vraiment partie du métier.

Une variété peut être magnifique chez un autre producteur et beaucoup moins intéressante dans mon environnement, et inversement.

C’est cette recherche permanente qui rend le travail passionnant.

Parmi toutes les variétés que tu as cultivées jusqu’à présent, laquelle t’a donné le plus de satisfaction — ou le plus de fil à retordre — et pourquoi ?

Il est difficile d’en choisir une seule parce que chacune m’a appris quelque chose.

Mais parmi mes dernières cultures indoor, OZK et Strawnana m’ont particulièrement intéressé. Ce sont des génétiques sur lesquelles j’ai beaucoup travaillé et observé les différences de comportement.

La OZK m’a notamment plu pour son profil aromatique et son potentiel.

À l’inverse, certaines génétiques peuvent être magnifiques, mais beaucoup plus compliquées à stabiliser en culture.

Finalement, ce ne sont pas forcément les plantes les plus faciles qui restent le plus en mémoire. Souvent, celles qui nous donnent du fil à retordre sont aussi celles qui nous font le plus progresser.

photos de culture et de trichomes de la fleur vendéenne

Récolte, transformation et qualité

Une fois les plantes arrivées à maturité, comment détermines-tu le moment idéal pour effectuer la récolte ?

Je ne me fie jamais uniquement au nombre de semaines annoncé pour une génétique.

J’observe avant tout la plante et son évolution. Je regarde la maturité générale des fleurs, leur structure, les pistils et surtout l’évolution des trichomes.

Il faut également tenir compte de l’état général de la plante.

Quelques jours peuvent réellement modifier le résultat final. Il faut donc éviter de récolter simplement parce que le calendrier indique que l’on est arrivé à huit ou neuf semaines.

C’est la plante qui donne le véritable signal.

Le séchage, l’affinage et la conservation jouent un rôle essentiel dans la qualité finale d’une fleur. Comment travailles-tu ces différentes étapes chez La Fleur Vendéenne ?

C’est une étape que je considère presque aussi importante que la culture elle-même.

On peut faire plusieurs mois de travail et perdre énormément de qualité avec un mauvais séchage.

Je cherche donc un séchage lent et maîtrisé, dans l’obscurité, avec une température et une hygrométrie surveillées, ainsi qu’une circulation d’air adaptée sans souffler directement sur les fleurs.

Ensuite vient l’affinage. Il faut laisser le produit évoluer et se stabiliser plutôt que vouloir le commercialiser immédiatement.

La conservation se fait ensuite dans de bonnes conditions, à l’abri de la lumière, de la chaleur et des variations importantes d’humidité.

C’est souvent pendant ces dernières semaines que l’on voit réellement si tout le travail effectué auparavant a payé.

J’essaie en principe une petite quantité dans une cave à vin. J’ajuste au fur et à mesure de mes expériences en changeant les paramètres.

Ton site met en avant une production réalisée en grande partie à la main, de la culture jusqu’à l’emballage. Pourquoi tiens-tu à conserver cette dimension artisanale ?

Parce que c’est justement ce qui différencie un petit producteur d’une production industrielle. Je pars du principe que mon client vient pour ce qu’il y a dans le sachet et non pour ce que le sachet fait paraître.

Une manucure manuelle prend énormément de temps, mais elle permet de respecter davantage la fleur. On peut également contrôler visuellement chaque produit avant le conditionnement.

Je voulais savoir ce qui sortait de mon exploitation et pouvoir en être responsable.

Cette méthode n’est évidemment pas la plus rentable en temps de travail, mais elle correspond beaucoup plus à ma vision du métier.

Comment contrôles-tu la qualité, la traçabilité et la conformité légale de tes produits avant leur commercialisation ?

La traçabilité commence dès le choix des semences ou des génétiques et se poursuit pendant toute la production.

Les lots sont identifiés et les produits destinés à la commercialisation doivent être accompagnés des analyses nécessaires, notamment concernant leur profil cannabinoïde et leur conformité au taux légal de THC.

À mon niveau, j’effectue également un contrôle visuel et qualitatif avant la commercialisation.

Pour moi, lorsqu’on vend directement au consommateur, on engage le nom de son exploitation sur chaque produit. C’est donc indispensable de pouvoir expliquer ce que l’on vend et d’où cela vient.

En plus des fleurs, tu proposes des résines, des huiles et des tisanes. Sont-elles toutes élaborées à partir de tes propres cultures et peux-tu nous expliquer comment tu conçois ces différents produits ?

L’objectif initial était effectivement de valoriser au maximum mes propres cultures et de ne pas limiter le chanvre uniquement à la fleur.

J’ai notamment travaillé sur des produits issus directement de la matière végétale de l’exploitation, avec différentes formes de valorisation.

Mais cette partie est justement devenue de plus en plus compliquée avec l’évolution de la réglementation, notamment pour certains produits alimentaires ou assimilés.

C’est un bon exemple du problème actuel : un petit producteur peut avoir la matière première, le savoir-faire et la volonté de transformer localement sa production, mais se retrouver avec un cadre réglementaire extrêmement difficile à suivre économiquement.

aperçus de quatre photos de la fleur vendeenne

Commercialisation et réalité du métier

Tu commercialises tes produits en ligne, mais également auprès de plusieurs commerces locaux. Est-il important pour toi de maintenir une relation directe avec les boutiques et les consommateurs ?

Oui, énormément.

La relation directe permet d’avoir des retours que l’on n’aurait jamais uniquement derrière un site internet.

Quand un professionnel me dit qu’une variété fonctionne particulièrement bien auprès de ses clients ou, au contraire, qu’un produit plaît moins, c’est une information importante pour moi.

J’ai toujours apprécié également la vente directe et les échanges avec les consommateurs.

Pour un petit producteur, cette proximité est une vraie force. On ne vend pas seulement un sachet avec un nom dessus : on peut expliquer qui l’a produit, comment et où. Dommage que tous les professionnels n’aient pas ce point de vue. La qualité au détriment de l’appât du gain.

Le métier de chanvrier est souvent idéalisé. Quelle réalité du travail aimerais-tu faire découvrir au public, notamment concernant le temps, les risques et l’investissement nécessaires derrière chaque récolte ?

C’est probablement l’une des choses sur lesquelles j’aimerais le plus insister.

De l’extérieur, on peut imaginer qu’il suffit de planter du chanvre, d’attendre quelques mois, de récolter et de vendre.

La réalité est complètement différente.

Il faut investir dans les installations, l’éclairage pour l’indoor, la ventilation, l’irrigation, le matériel de séchage, les substrats, l’énergie, les analyses, les emballages…

Ensuite viennent les centaines d’heures de travail : surveillance des plantes, taille, irrigation, récolte, séchage, manucure, conditionnement et commercialisation.

Et malgré tout cela, une récolte n’est jamais garantie. Une erreur climatique, un problème sanitaire ou simplement une génétique qui réagit mal peut remettre en question plusieurs mois de travail.

C’est un métier passionnant, mais économiquement et humainement beaucoup plus difficile qu’on peut l’imaginer.

apercu de trois produits et du logo de la fleur vendeenne

Réglementation et avenir du CBD

La réglementation européenne sur les « Novel Food » concerne notamment certains aliments et compléments contenant du CBD. Que penses-tu de cette réglementation et quelle interprétation en fais-tu en tant que producteur ?

Je comprends parfaitement qu’il soit nécessaire d’avoir une réglementation et de protéger les consommateurs.

Le problème est que, sur le terrain, cette réglementation peut devenir extrêmement compliquée à appliquer pour un petit producteur.

On a parfois l’impression que les règles évoluent plus rapidement que la capacité des petites exploitations à s’adapter.

Pour une structure artisanale, investir dans un produit qui peut ensuite être remis en question réglementairement représente un risque considérable.

C’est notamment ce genre d’incertitude qui fragilise aujourd’hui beaucoup de petits acteurs de la filière.

Cette réglementation représente-t-elle, selon toi, une protection pour les consommateurs ou plutôt un frein pour les petits producteurs et artisans français ?

Je dirais : les deux.

Une réglementation sérieuse est indispensable. Le consommateur doit savoir ce qu’il achète et pouvoir avoir confiance dans la composition du produit.

Mais la réglementation doit également être applicable.

Si les contraintes deviennent tellement importantes que seuls les très gros acteurs peuvent financièrement les supporter, on finit par faire disparaître les petits producteurs français, alors qu’ils sont justement souvent ceux qui connaissent le mieux l’origine de leurs produits.

Il faudrait réussir à protéger le consommateur sans condamner économiquement la production artisanale.

Depuis quelques années, de nombreux néo-cannabinoïdes sont apparus sur le marché. Quel regard portes-tu sur ces substances et quelle est la position de La Fleur Vendéenne à leur sujet ?

Ma position a toujours été assez simple : je suis producteur de chanvre et je veux vendre du chanvre.

Ce qui m’intéresse, c’est la plante, ses cannabinoïdes naturellement présents, ses terpènes, ses génétiques et tout le travail nécessaire pour obtenir naturellement une belle fleur.

Je n’ai jamais construit La Fleur Vendéenne autour de la recherche du produit toujours plus puissant ou artificiellement enrichi.

Je pense que l’apparition successive de molécules transformées ou de produits dont le consommateur comprend parfois mal la composition brouille énormément l’image du CBD.

Et malheureusement, tout le monde finit par être mis dans le même panier.

Quel message souhaiterais-tu transmettre aux consommateurs tentés par des produits présentés comme toujours plus puissants, sans nécessairement connaître leur composition, leur origine ou leur mode de fabrication ?

Je leur dirais simplement de ne pas regarder uniquement le chiffre ou la puissance annoncée sur un emballage.

Posez des questions : où ? Qu’y a-t-il réellement dedans ? Existe-t-il une analyse ? La fleur est-elle naturelle ou a-t-elle été retravaillée après récolte ?

Pour moi, la qualité d’une fleur ne se résume pas à afficher le pourcentage le plus élevé possible.

Une belle génétique, bien cultivée, bien récoltée et bien affinée possède une identité que l’on ne devrait pas avoir besoin de masquer derrière des ajouts.

Le consommateur a aussi énormément de pouvoir : en exigeant de la transparence, il oblige toute la filière à progresser.

fleur outdoor de fleur vendeene

Quel avenir imagines-tu pour le CBD en France ? Penses-tu que le secteur peut encore évoluer positivement ou crains-tu que les dérives liées aux néo-cannabinoïdes nuisent à l’ensemble de la filière ?

Je pense que le CBD a encore un avenir en France, mais certainement pas sans changements.

La filière s’est développée extrêmement rapidement et il y a eu de tout : des producteurs passionnés, des entrepreneurs sérieux, mais aussi une course permanente au produit le plus puissant et à la nouveauté.

Le danger est que les dérives finissent par entraîner des réglementations qui pénalisent tout le monde, y compris ceux qui travaillent simplement avec une plante naturelle et traçable.

Je crois encore à une filière française basée sur la qualité, le terroir et la transparence.

Mais aujourd’hui, je suis beaucoup plus réservé sur la capacité d’un petit producteur à vivre correctement de son travail dans les conditions actuelles.

D’après toi, que faudrait-il mettre en place pour mieux encadrer le marché français : davantage de contrôles, une meilleure traçabilité, des analyses plus…

Un peu de tout cela, mais surtout des règles claires et identiques pour tout le monde, en Europe. Les mêmes pour tous.

Un marché généralisé par région ou par département, comme des coopératives.

Je trouve cette idée très productive, ce qui nous permettrait d’être encore plus clairs avec cette filière.

Les producteurs français qui cultivent un chanvre naturel et traçable risquent-ils aujourd’hui d’être pénalisés par les pratiques d’acteurs proposant des produits transformés ou artificiellement enrichis ?

Oui, et c’est probablement l’une de mes principales inquiétudes.

Un producteur français supporte le coût de la terre, des installations, de l’énergie, des cultures, des pertes éventuelles, des analyses et énormément d’heures de travail.

En face, il peut se retrouver en concurrence avec des produits importés, transformés ou enrichis, parfois proposés à des tarifs extrêmement agressifs et avec des taux affichés très élevés.

Pour le consommateur qui ne connaît pas forcément la différence, les deux produits peuvent sembler comparables.

Ils ne le sont pourtant pas.

À terme, si cette différence n’est pas clairement expliquée et encadrée, ce sont les producteurs qui choisissent la voie naturelle et traçable qui risquent paradoxalement d’être les plus pénalisés.

━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━

La Fleur Vendéenne à un tournant

Pour terminer sur une note plus personnelle, quels sont les prochains projets de La Fleur Vendéenne et où les membres du Forum CBD by Hollyweed peuvent-ils retrouver et suivre ton travail ?

La Fleur Vendéenne arrive aujourd’hui à un tournant, mais je ne souhaite pas forcément parler d’un arrêt définitif.

Après deux années très enrichissantes, je dois simplement être réaliste : aujourd’hui, il est extrêmement difficile pour un petit producteur français de construire une activité stable lorsque les prix du marché évoluent constamment et sont tirés vers le bas.

Je vais donc progressivement développer une autre activité professionnelle, dans un domaine que je connais également très bien. L’objectif est avant tout de retrouver une stabilité et de ne plus dépendre exclusivement du marché du CBD.

Pour autant, je n’exclus absolument pas de conserver La Fleur Vendéenne en parallèle, à une échelle différente. J’aime toujours autant cultiver, sélectionner des génétiques et essayer de produire de belles fleurs. La passion, elle, n’a pas disparu.

Mais pour pouvoir réellement envisager de poursuivre ou de redévelopper l’activité, il faudra que le marché se stabilise. Tant que les prix ne seront pas davantage fixés et cohérents avec les coûts réels d’une production française de qualité, il sera très difficile pour des petits producteurs comme moi de se projeter durablement.

Je préfère donc aujourd’hui adapter mon activité plutôt que continuer à produire toujours davantage dans un marché où l’on manque de visibilité.

La porte n’est pas fermée. Si demain la filière retrouve un cadre plus stable, des prix cohérents et une véritable reconnaissance du travail des producteurs français, La Fleur Vendéenne pourra très bien continuer à faire partie de mon quotidien.

Et quoi qu’il arrive, ces deux années resteront une expérience incroyable, faite de rencontres, d’apprentissage et de passion. Je remercie sincèrement toutes les personnes qui ont soutenu La Fleur Vendéenne et qui continueront à suivre la suite de l’aventure.

━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━

Pour suivre La Fleur Vendéenne

Vous souhaitez prolonger cette rencontre, découvrir plus en détail le travail de Marc ou suivre l’évolution de La Fleur Vendéenne ? Retrouvez son univers sur ses différents espaces officiels :

🌐 Découvrir le site de La Fleur Vendéenne

📸 Suivre La Fleur Vendéenne sur Instagram

🔵 Retrouver Marc et La Fleur Vendéenne sur Facebook

━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━

Questions fréquentes sur La Fleur Vendéenne

Qui est Marc, le créateur de La Fleur Vendéenne ?

Marc est un producteur de chanvre installé en Vendée. Fils d’agriculteur et issu du secteur de la mécanique automobile, il a créé La Fleur Vendéenne avec l’objectif de produire localement et de maîtriser chaque étape, de la culture jusqu’à la commercialisation.

Pourquoi avoir choisi le nom « La Fleur Vendéenne » ?

Ce nom traduit l’attachement de Marc à la Vendée et sa volonté d’affirmer l’origine locale de sa production. Il permet également aux consommateurs d’identifier immédiatement le territoire dans lequel les fleurs ont été cultivées.

Quelles méthodes de culture sont utilisées par La Fleur Vendéenne ?

Marc a travaillé avec deux méthodes complémentaires : la culture indoor et la culture outdoor. L’indoor permet de contrôler précisément la lumière, la température, l’humidité, l’irrigation et la ventilation. L’outdoor laisse davantage la plante évoluer au rythme du sol, du climat et des saisons.

Comment La Fleur Vendéenne sélectionne-t-elle ses génétiques ?

La sélection repose sur plusieurs critères : les arômes, la structure de la plante, sa vigueur, son rendement, sa résistance et son adaptation aux conditions de culture. Marc accorde également une place importante à l’expérimentation afin de proposer des variétés moins courantes et de ne pas conserver un catalogue entièrement figé.

Pourquoi le séchage et l’affinage sont-ils aussi importants que la culture ?

Un séchage trop rapide ou mal maîtrisé peut altérer plusieurs mois de travail. Marc privilégie donc un séchage lent, réalisé dans l’obscurité avec une température, une hygrométrie et une circulation de l’air surveillées. L’affinage permet ensuite aux fleurs de se stabiliser et à leur profil aromatique d’évoluer progressivement.

Comment la qualité et la conformité des produits sont-elles contrôlées ?

La traçabilité débute dès le choix des semences ou des génétiques et se poursuit pendant toute la production. Les lots sont identifiés et les produits destinés à la commercialisation doivent être accompagnés des analyses nécessaires, notamment pour vérifier leur profil cannabinoïde et leur conformité au taux légal de THC.

Quelle est la position de La Fleur Vendéenne sur les néo-cannabinoïdes ?

Marc souhaite travailler avec le chanvre et les composés naturellement présents dans la plante. La Fleur Vendéenne ne s’est pas construite autour de produits artificiellement enrichis ou de la recherche d’une puissance toujours plus élevée. Marc défend une approche fondée sur la génétique, la culture, les terpènes naturels et la transparence.

Pourquoi est-il difficile pour un petit producteur français de vivre de son activité ?

La production française implique des investissements importants : installations, énergie, irrigation, substrats, matériel de séchage, analyses, emballages et nombreuses heures de travail. Les producteurs doivent également faire face aux aléas des cultures, aux évolutions réglementaires et à la concurrence de produits importés ou transformés proposés à des prix très bas.

La Fleur Vendéenne va-t-elle cesser son activité ?

Marc ne parle pas d’un arrêt définitif, mais d’un tournant. Il prévoit de développer progressivement une autre activité professionnelle afin de retrouver davantage de stabilité. Il n’exclut toutefois pas de conserver La Fleur Vendéenne en parallèle, à une échelle différente, si les conditions du marché permettent de poursuivre son travail de manière cohérente.

Quel avenir Marc imagine-t-il pour le chanvre français ?

Marc croit toujours à une filière française construite autour de la qualité, du terroir et de la transparence. Selon lui, son développement dépendra toutefois d’un cadre réglementaire plus clair, de règles identiques pour tous et de prix davantage cohérents avec les coûts réels d’une production française artisanale.

━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━

Et vous, quel regard portez-vous sur l’avenir des producteurs français ?

À travers le parcours de Marc, c’est une réalité plus large qui se dessine : celle de petits producteurs passionnés, capables de proposer un chanvre local et traçable, mais confrontés à des coûts importants, à un marché instable et à une réglementation parfois difficile à suivre.

Selon vous, que faudrait-il mettre en place pour mieux reconnaître et préserver leur travail ? Privilégiez-vous l’origine française, la méthode de culture et la transparence lorsque vous choisissez un produit ?

Partagez votre point de vue dans les commentaires et venez échanger avec les membres du Forum CBD by Hollyweed. Vos retours permettent de prolonger le débat et de mieux faire entendre la voix des consommateurs comme celle des producteurs.

💬 0 Réponse

Soyez le premier à réagir à ce topic.

Ajouter ma réponse