Charles Baudelaire (1821-1867), poète majeur de la littérature française, est l'auteur des Paradis artificiels (1860), l'un des premiers ouvrages littéraires consacrés aux effets du haschisch et de l'opium. Selon les éditions Gallimard (Pléiade) et l'étude de Claude Pichois Charles Baudelaire (1987), Baudelaire a expérimenté le haschisch dans les années 1840-1850 au sein du Club des Hashischins, fondé par Théophile Gautier et le Dr Jacques-Joseph Moreau de Tours à l'Hôtel Pimodan (actuel Hôtel de Lauzun) sur l'île Saint-Louis à Paris.
Les Paradis artificiels, analysés par la Bibliothèque nationale de France (BnF) et l'édition critique de la Pléiade, décrivent méthodiquement les phases de l'ivresse cannabique : euphorie, hyperesthésie sensorielle, distorsion temporelle et mélancolie. Baudelaire emprunte également au Confessions of an English Opium Eater de Thomas De Quincey. Le Dr Moreau de Tours, documenté par la Revue d'Histoire de la Pharmacie, menait des recherches pionnières sur les psychotropes à la Salpêtrière. Baudelaire, bien qu'expérimentateur, a finalement émis un jugement nuancé sur le haschisch, le considérant inférieur à la création artistique pure.